Le livre numérique, "une chance pour la diffusion du patrimoine" (Racine)

Clément Solym - 28.10.2011

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Bruno Racine - BnF - numérique


De passage au Luxembourg, Bruno Racine, le président de la Bibliothèque nationale de France (BnF), s'est exprimé sur les défis de la numérisation. Il a notamment expliqué que : « Pour le patrimoine ancien, le numérique est [...] une chance de diffusion absolument sans précédent ».

Il a aussi constaté qu'une nouvelle forme de patrimoine, uniquement en numérique, était en train de voir le jour. Et la conservation de celui-ci est plus délicate, parce qu'elle demande des réactualisations régulières et qu'il est facile de perdre un fichier lors d'un transfert d'un ordinateur à un autre.

 


Il a bien sûr évoqué les procès contre Google et la nécessité de « rétablir en quelque sorte la justice, et obliger Google à rééquilibrer les pouvoirs ». Pour autant, le président de la BnF n'est pas contre l'intervention de société privée dans la numérisation du patrimoine. Avec la crise qui s'est installée, il estime qu'il faut envisager des partenariats public/privé pour faire avancer la numérisation.

 

Et sur le sujet, ne fallait-il pas anticiper un peu plus les programmes de numérisation ? « C'est une chose de numériser pour soi. C'en est une autre de numériser pour le mettre sur internet. Cela dit, certains ont eu l'idée de faire une bibliothèque numérique dans les années 80. L'idée était considérée alors comme trop futuriste. En France, la bibliothèque numérique n'a commencé à se constituer que vers la fin des années 90, au rythme de 5000 livres par an. Aujourd'hui, nous en sommes à 70000 livres par an, avec une bibliothèque de 175000 ouvrages issus du domaine public, ainsi que près de 70000 livres numérisés venus d'autres organismes. »

 

Selon lui, au niveau du numérique, « le dynamisme est plus du côté des États-Unis et de l'Asie » ajoutant « En Europe, on est en retard. Le livre reste un objet sacré ». Il a enfin estimé, que le secteur du livre va devoir réinventer son modèle économique.