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Le manuscrit de L'Insurgé, de Jules Vallès, numérisé en intégralité

Antoine Oury - 14.02.2017

Patrimoine et éducation - Patrimoine - L'insurgé Jules Vallès - Jules Vallès livre - Jules Vallès BnF


Il y a bien des trésors dans les étagères numériques de Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France. Dont un manuscrit autographe de L'Insurgé de Jules Vallès, un des plus fameux romans écrits sur l'épisode historique de la Commune de Paris, publié dans son intégralité en 1886.

 

Tombe de Jules Vallès - Cimetière du Père Lachaise

Buste de Jules Vallès par Jean Carlus, au Père Lachaise

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Jules Vallès fut au cœur de cet épisode historique qui vit la ville de Paris se soulever contre le gouvernement d'Adolphe Thiers. Ce dernier avait signé l'armistice avec le chancelier allemand Bismarck, pour mettre fin à la guerre contre la Prusse. Les Parisiens, qui ont subi famine et siège, ne considèrent pas d'un très bon œil cette défaite...

 

Cet épisode d'insurrection sera connu sous le nom de Commune de Paris, et Jules Vallès fait partie des élus choisis par les Parisiens. Dès le 6 janvier, il avait signé L'Affiche rouge, un appel à la formation de la Commune. Autant dire qu'il est au cœur du mouvement, et le gouvernement français le sait bien : à deux reprises, l'armée française exécutera Jules Vallès, ou plutôt des doublures.

 

La Commune maîtrisée dans le sang, Vallès s'exilera en Belgique et en Angleterre.

 

L'Insurgé, publié en entier en 1886, est le récit de la Commune de Paris, à laquelle participe Jacques Vingtras, le personnage alter ego créé par Vallès pour sa trilogie (L'Enfant, Le Bachelier et L'Insurgé). On estime que le projet de L'Insurgé remonte à 1879 : le roman sera publié en feuilleton dans La Nouvelle Revue en 1882, mais le manuscrit autographe de la BnF est antérieur à cette première publication.

 

Capture d'écran de la première page du manuscrit de L'Insurgé

 

 

On retrouve cet incipit célèbre, « C’est peut-être vrai que je suis un lâche, ainsi que l’ont dit sous l’Odéon les bonnets rouges et les talons noirs », bien raturé, et au départ plus catégorique : « C'est vrai que je suis un lâche »...

 

On découvre au travers de ce manuscrit un texte extrêmement travaillé, bourré de corrections, de ratures et de passages déplacés. L'intégralité du document est accessible sur Gallica, des chapitres I à XVI et des chapitres XVII à XXXIV.