Le ministère de la Culture sauve la maison d'Elsa Triolet et Aragon

Nicolas Gary - 12.09.2013

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Elsa Triolet - Louis Aragon - maisons des illustres


En septembre 2011, Frédéric Mitterrand initiait un nouveau label, Les maisons des illustres. « Je voudrais insister sur l'importance de la ‘maison', comme nom mais également comme univers, qui a valeur de programme culturel », expliquait alors le ministre de la Culture, lors d'un point presse. Refuges autant que lieux où se sont incarnés les esprits, 110 maisons allaient être labélisées, à commencer par celle d'Elsa Triolet et Louis Aragon. 

 

 

 

Le Moulin de Villeneuve

© CRC Triolet-Aragon

 

 

Située à Saint-Arnoult-en-Yvelines, rue Villeneuve, on peut en effet découvrir les murs où Elsa et Aragon vécurent, et qui aujourd'hui est un établissement menacé. Depuis juin dernier, la direction cherche à attirer l'attention sur les difficultés financières qu'elle rencontre, notamment après la réévaluation du loyer, comme le soulignait le directeur, Bernard Vasseur. 

 

La diminution des financements publics - 6 % de moins de la part du ministère de la Culture - cumulée à la hausse de 48,6 % du loyer sont autant de motif d'inquiétude pour la direction. Au point que l'affaire prenne maintenant une tournure parlementaire : Marie-George Buffet, députée Gauche démocrate et républicaine de Seine-Saint-Denis vient en effet d'interpeller la ministre de la Culture. Elle détaille :  

L'activité culturelle organisée autour de cette maison, donnée à la France par Aragon, est aujourd'hui assurée par une association présidée par Mme Edmonde Charles-Roux : « le Centre de recherche et de création Elsa Triolet-Aragon ». Elle assure de nombreuses activités où le plus large public peut ainsi rencontrer la littérature, la poésie, les arts et aller à la découverte de deux auteurs éminents du patrimoine culturel français.

 

En l'espace de quatre années, cette maison-musée est passée de 5000 visiteurs en 1998 à plus de 20.000 l'an passé. Et de rappeler combien l'augmentation du loyer impacte le fonctionnement, attendu que pour 2013, il sera de 29.300 €. En l'état actuel, l'association sera « dans l'impossibilité de faire face à ces nouvelles charges, ce qui risque de conduire à la fermeture de la maison d'Elsa Triolet et Aragon en fin d'année 2013 faute de moyens ». 

 

Or, comment est-il possible, s'interroge la députée, qu'en qualité de maison labélisée, le ministère de la Culture n'intervienne pas pour prendre la défense de ce « lieu de référence ». La députée évoque alors la possible signature d'une « nouvelle convention d'occupation pour la période 2012-2017 et que soit révisé à la baisse le loyer demandé ».

 

Et finalement, ils vécurent heureux, etc.

 

Le hasard fait tout de même bien les choses, puisque le directeur vient d'annoncer à l'AFP que le ministère de la Culture avait décidé de renoncer à réduire la subvention. Bernard Vasseur assure que désormais « la maison est sauvée », du fait également que « l'augmentation du loyer est annulée ». 

 

Le ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, au travers de France-Domaine, son service à compétence nationale « voulait imposer à notre association une hausse du loyer de 10.000 euros en 2012 et 12.000 euros en 2013. Cette augmentation est annulée et on revient au loyer payé en 2011 », explique-t-il. C'est finalement à la rue de Valois que reviendra le fait de le prendre en charge « en le compensant dans la subvention annuelle de fonctionnement qu'il nous accorde ».