Le monogramme, ou la signature de l'artiste en un dessin

Antoine Oury - 29.08.2016

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Si l'appellation peut paraître désuète, on connaît tous au moins un monogramme : ceux des artistes de haute couture, comme Louis Vuitton ou Yves Saint-Laurent sont devenus très populaires en précédant les logos de marques. Ces petites illustrations, qui véhiculent la signature de l'auteur et parfois un message plus complexe, remontent à la fin du XIXe siècle.

 

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Monogramme d'Henri-Toulouse Lautrec (domaine public)

 

 

La mode du monogramme remonte aux années 1890, en plein japonisme : les artistes occidentaux sont alors particulièrement tournés vers le Japon comme source d'inspiration, ce qui se ressent en peinture, en illustration et en calligraphie avec l'usage de plus en plus courant du monogramme. Ce dernier existait déjà sous des formes complexes et illustrées dans le cas des emblèmes, par exemple, mais cette nouvelle vague place le minimalisme en tête.

 

En somme, le monogramme devient une signature visuelle : l'esthétique est bien entendu primordiale, mais le monogramme doit pouvoir se lire convenablement, dès lors que l'on connaît le nom de l'auteur et ses initiales.

 

Si celui d'Henri Toulouse-Lautrec est probablement le plus connu, les artistes de la Sécession Viennoise, à l'aube du XXe siècle, adoptent le monogramme, particulièrement adapté à leurs affinités pour la composition géométrique. La forme carrée est un des motifs favoris des artistes viennois, et ils l'utilisent déjà dans de nombreuses compositions : leur revue, Ver Sacrum, est même éditée au format carré !

 

De gauche à droite et de haut en bas :

Leopold Bauer, Adolf Böhm,Josef Hoffmann, Rudolf Jettmar, Marx Kurzweil, Maximilian Lenz,

Gustav Klimt, Friedrich König, Richard Luksch, Wilhelm List, Elena Luksch, Felician Myrbach,

Koloman Moser, Alfred Roller, Ernst Stöhr, Emil Orlik, Oskar Schimkovitz, Leopold Stolba

 

 

Lorsqu'ils créent la Wiener Werkstätte en 1903, un atelier de production artisanal, l'architecte Josef Hoffman et le peintre Koloman Moser dessinent évidemment un monogramme pour représenter leur société et leur savoir-faire. Hoffman insiste même sur les marques d'identité et d'authenticité des pièces qui sortent de l'atelier : elles portent chacune une rose, symbole de la Werkstätte, ainsi que les monogrammes du créateur, du fabricant et de la Werkstätte...

 

 

 

De nombreux artistes et auteurs ont eu recours au monogramme pour signer leurs oeuvres, dont... JRR Tolkien, l'auteur du Seigneur des Anneaux.

 

 

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Le monogramme de JRR Tolkien, devenu marque déposée officielle de Tolkien Estate