Le Moulin de la Galette : Van Gogh, de Montmartre à James Bond

Nicolas Gary - 01.03.2014

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Le Moulin de la Galette, chez Van Gogh, est devenu le sujet d'une série de peintures réalisées à partir de 1886. Seul moulin à vent toujours en état de fonctionnement, sur la butte Montmartre, il se trouvait à proximité du logement qu'occupaient Vincent et son frère Theo. Et devint une source d'inspiration, au confluent de l'influence des maîtres de Hollande, et des impressionnistes parisiens. Mais sa postérité se retrouve également chez... Ian Fleming.

 

 

 

 

Voilà que l'une des peintures de Van Gogh se retrouvera prochainement mis en vente, explique James Roundell, de la maison Dickinson, qui gérera les enchères. Chose particulièrement lucrative, il s'agit de l'une des deux dernières pièces encore dans les mains d'un collectionneur privé. Et plus encore, une des rares toiles à disposer de la signature de Van Gogh. 

 

Son parcours, après la mort de Vincent en 1890, et celle de son frère l'année suivante, doit tout au travail de Johanna van Gogh-Bongher, belle-soeur de l'artiste. Seule avec les toiles invendues, elle parvient à monter une exposition en 1905 au Stedelijk Museum d'Amsterdam. Et l'année suivante, elle offre cette peinture à Isaac Israels, qui fut son amant après la mort de Vincent. 

 

La toile voyagera, à partir de 1934, mort d'Isaac, pour aboutir dans les mains de Charles Engelhard, président de la Engelhard Minerals and Chemicals Corporation, qui l'achètera en 1958. Cet homme, richissime, était réputé pour son très haut niveau de vie, son écurie de chevaux champions de courses, et ne comptait pas ses dépenses quand il s'agissait de se procurer une oeuvre de Manet, de Monet... ou de Van Gogh.

 

 

 

 

Or, parmi les proches d'Engehlhard, on trouvait la famille Kennedy, ou encore Ian Fleming, auteur réputé des aventures de l'agent 007. Leur rencontre s'effectue après qu'Engelhard décide d'ouvrir un compte dans la banque de Londres, la Robert Fleming & Co, fondée par le grand-père du romancier. Intrigué par le mode de vie extravagant du bonhomme, Ian s'en rapproche, et s'en inspire. En 1959, il publie en effet Goldfinger, dont le personnage principal doit tout à Engelhard.  

De nombreux transferts d'or inquiètent la Banque d'Angleterre. Le MI6 envoie l'agent secret 007 enquêter sur Auric Goldfinger, le puissant magnat de l'or et suspect numéro 1 des services secrets. Bond découvre que l'affaire est d'une tout autre ampleur : la réserve fédérale des États-Unis est menacée et avec elle, l'équilibre économique mondial.

 

Ce dernier ne s'en offense alors pas le moins du monde et décide de baptiser l'une des hôtesses de son jet privé Pussy Galore, en référence au personnage joué dans le film par Honor Blackman. Le nom de Goldfinger est en revanche emprunté à l'architecte Erno Goldfinger, qui ne le supporta pas aussi bien en revanche.  

 

Dans le livre, Auric Goldfinger incarne l'ennemi de James Bond par excellence, peut-être moins cela dit qu'Ernest Stavro Blofeld, célèbre pour son chat blanc duveteux. Dans le film Goldfinger, c'est Sean Connery qui campe 007. Goldfinger fut le septième titre des aventures de James Bond, publié en 1959, il sortira sur les écrans en 1964, réalisé par Guy Hamilton, avec cette célébrissime réplique :

James Bond: You expect me to talk?

Goldfinger: No, Mr Bond, I expect you to die!

 

Un échange que l'on ne retrouve évidemment pas dans le livre. Ce fut également l'heure de gloire de l'Aston martin DB5, qui, omniprésente dans le film, deviendra rapidement la voiture officielle de James.

 

Quant à la toile de Vincent, elle devrait être remportée pour une somme à huit chiffres, à l'occasion de la Foire de l'Art, qui se déroulera à Maastricht, aux Pays-Bas

 

via Guardian