Le processus de Bologne suit son cours : dix ans d'harmonisation dans l'enseignement supérieur

Clément Solym - 27.04.2009

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - processus - Bologne - mobilité


Créé officiellement en 1999 par 29 pays européens, le processus de Bologne rebondissait déjà sur une idée née un an plus tôt à Paris, entre quatre pays, la France l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Il s’agissait d’harmoniser les cursus d’études supérieures afin de favoriser la mobilité des enseignants comme des étudiants.

Ce n’est que l’année suivante, le 19 juin 1999, que le processus est lancé, avec, cette fois, 29 pays. L’objectif est de créer un Espace européen de l’enseignement supérieur (EEES). Pour faire avancer ce vaste projet, une conférence se tient depuis tous les deux ans. Désormais ce sont 46 pays qui font partie de cet espace, de façon librement choisie.

De nouveaux objectifs ambitieux :

La prochaine réunion se tient les 28 et 29 avril 2009 à Louvain-la-Neuve (Belgique). Il s’agira tout d’abord de faire le bilan des dix années passées mais également de fixer les objectifs à tenir pour les temps à venir. Voici les dix principaux recenser par l’AFP :

- se doter de diplômes lisibles et comparables
- bâtir un système d'enseignement supérieur fondé sur deux cycles (licence et master), puis sur trois cycles (avec le doctorat)
- généraliser le système ECTS (European credit transfer system) de +crédits+ transférables (unité de valeurs qui représentent le volume de travail effectif de l'étudiant. C'est un outil de transfert entre des institutions qui se reconnaissent entre elles).
- démocratiser la mobilité
- favoriser la garantie de la qualité
- promouvoir la dimension européenne dans l'enseignement supérieur
- promouvoir l'éducation et la formation tout au long de la vie
- impliquer établissements d'enseignement supérieur et étudiants
- promouvoir l'attractivité de l'espace européen d'enseignement supérieur
- articuler l'EEES et l'espace européen de la recherche via le doctorat. »

En dix ans, certains objectifs ont été particulièrement bien remplis. Il en est ainsi de l’uniformisation du cursus en trois cycles successifs : licence, master, doctorat (LMD). Mais, si l’on regarde du côté des points faibles, on peut encore en trouver de nombreux.

Des étudiants et des enseignants encore très faiblement mobiles :

La mobilité, qui était pourtant le fer de lance du processus de Bologne, reste bien faible avec 3,5 % des enseignants et étudiants. Récemment, on notait même que le système d’échanges Erasmus était orienté à la baisse. Une des raisons majeures, c’est la mauvaise équivalence entre les différentes universités. Les temps de formation passés à l’étranger ne sont pas toujours reconnus à leur juste valeur…

Il reste donc encore beaucoup à faire pour arriver au nouvel objectif, à réaliser d’ici à 2020, que doivent se fixer les 46 pays réunis en Belgique : un taux de 20 % de diplômés qui auront effectué une partie de leur cursus à l’étranger…