Le projet culturel de François Hollande : l'éducation artistique ?

Clément Solym - 05.08.2013

Patrimoine et éducation - Patrimoine - François Hollande - Aurélie Filippetti - projet culturel


Quelle sera la marque que laissera le président de la République dans le domaine culturel ? Depuis son élection, François Hollande cherche, et voilà qu'une année plus tard, le projet n'a pas encore pris forme. C'est surtout qu'en période de contraintes financières, il ne sera pas possible de se lancer dans des travaux colossaux. À défaut de pétrole, donc, il faudra des idées.

 

 

 

 

Selon un proche du président, le grand bâtiment est exclu, aussi ne verra-t-on pas surgir de terre un nouvel Opéra Bastille, ni même une Bibliothèque nationale. Et pour l'heure, les conseillers assurent que le président « n'a pas encore eu d'idée définitive et concrète ». Pourtant, depuis le festival d'Avignon de 2012, c'est du côté de l'éducation artistique et culturelle que l'on semble se diriger. 

 

Et ce conseiller, cité par l'agence Reuters, d'ajouter : « Un des grands axes du quinquennat, c'est l'éducation artistique et culturelle, essayer de développer pour les lycéens, les collégiens, les écoliers, des parcours dans lesquels ils puissent avoir un contact avec des artistes, ça, c'est un projet. »

 

Un projet que l'on connaît bien, puisqu'il était porté de longue date par... Aurélie FIlippetti, qui était alors la Dame Culture de François Hollande, quand il était candidat à la présidentielle 2012. Dans une interview de décembre 2011, elle dévoilait ses intentions : « À travers le plan d'éducation artistique à l'école, je veux pouvoir faire rentrer davantage le spectacle vivant au sein des établissements scolaires, emmener les élèves voir des spectacles, les faire pratiquer et ainsi former les spectateurs de demain. » 

 

Une éducation artistique qui tenait à coeur d'Aurélie Filippetti, et qui depuis, a été amplement porté - du moins a-t-on abondamment communiqué sur ces intentions. Parmi les perspectives de développement, elle envisageait déjà « de créer un jumelage entre un artiste et une classe tout au long d'une année scolaire. Il faut montrer l'art, mais aussi expliquer la démarche de création. ». 

 

Ainsi, début juillet, ministres de la Culture et de la Communication, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Aurélie FIlippetti et Geneviève Fioraso, ont toutes deux signé, en Avignon, une convention-cadre qui instituerait « une collaboration innovante », pour renforcer la rencontre entre l'université et la création artistique, notamment sur les nouvelles pratiques liées au numérique. 

 

En avril dernier, c'était le « contrat d'éducation artistique », pour consolider l'enseignement des arts auprès des élèves de martenelle et de primaire. Si les regards du président se tournent, c'est également parce que le candidat évoquait, dans son programme, un plan national d'éducation artistique :  

Je soutiendrai la création et la diffusion qui sont le levier de l'accès de tous à la culture. J'établirai entre l'État et les collectivités locales des contrats visant à doter le territoire d'un maillage culturel mieux coordonné et plus efficace. Je ferai voter une loi d'orientation sur le spectacle vivant et je reprendrai le chantier du Centre national de la musique, pour en faire un outil au service de la diversité culturelle. Je reviendrai à un taux de TVA à 5,5 % pour le livre et la billetterie, et je lutterai pour la survie des librairies indépendantes

 

Et c'est également dans la loi sur la refondation de l'école que ces mêmes notions se sont retrouvées. Pas de grand bâtiment, donc, mais une grande intention quinquennale ?