Le respectable Oxford English Dictionary à court de papier

Antoine Oury - 22.04.2014

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - Oxford English Dictionary - dictionnaire papier - version numérique


Toutes les deux décennies, les académiciens vivaient dans l'attente de la prochaine édition de l'Oxford English Dictionary, référence en matière de lexicologie, grammaire, prononciation ou encore étymologie. Une routine qui revient cette année, avec la troisième édition du dictionnaire, qui pourrait toutefois être la dernière à être imprimée. 

 


Sept:25

(Kim Love, CC BY-SA 2.0)

 

 

Michael Proffitt, rédacteur en chef de cette troisième édition de l'Oxford English Dictionary, est fier de présenter cette nouvelle mouture qui court sur une vingtaine de volumes. Toutefois, toute l'équipe des auteurs voit le lancement obscurci par une nouvelle attendue, mais néanmoins difficile. Pointant évidemment « l'embouteillage de l'information » sur Internet, Proffitt doute que la prochaine édition de l'OED soit sous format papier.

 

Néanmoins, ce sont quelque 70 spécialistes qui se sont rassemblés et ont travaillé successivement, pendant 20 ans, sur cette troisième édition. La première édition du dictionnaire de référence, avait été bouclée en 70 ans, alors que ses créateurs estimaient le temps de travail nécessaire à une décennie... 

 

« Un grand nombre des principes fondateurs de l'OED se maintiennent fermement, mais la façon dont il circule doit changer, et la façon dont il atteint les lecteurs doit changer », explique Proffitt. Y compris sur le plan du langage : si 5 années suffisaient auparavant pour juger de la crédibilité d'un mot, les auteurs se sont désormais fixés sur une durée de 10 ans.

 

« Nous n'observons pas seulement la fréquence ou la longévité, mais également l'étendue de l'utilisation parce qu'un mot qui entre dans l'OED n'en sort jamais. C'est un état des lieux permanent du langage. Ce n'est pas seulement un document linguistique, mais un morceau d'histoire sociale », explique Michael Proffitt.

 

Cette troisième version bénéficiera d'une version imprimée si une demande suffisante se manifeste, et pourrait occuper jusqu'à 40 volumes... Les espoirs de rentabilité se portent à présent sur Internet, par lequel les concepteurs espèrent pouvoir atteindre les différentes catégories professionnelles. L'association à un thésaurus historique, pour étendre les découvertes des utilisateurs à d'autres domaines dignes d'intérêt.

 

Et dénicher ainsi quelques perles : l'abréviation « OMG » pour « Oh My God » serait ainsi apparue pour la première fois dans une lettre de l'amiral Fisher à Winston Churchill, en 1917. La Première Guerre mondiale vécue par des kikoolol, un des tours joués par la langue anglaise. 

 

 

(via The Telegraph)