Le résultat du référendum du Brexit serait différent en 2019, selon l'auteur Ian McEwan

Bouder Robin - 15.05.2017

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Lors d'une conférence vendredi 12 mai réunissant des anti-Brexit, l'auteur britannique Ian McEwan a fait entendre sa voix dans un discours provocateur. Selon lui, le vote serait différent s'il était renouvelé d'ici 2 ans, puisque les aînés des votants pro-Brexit auraient alors passé l'arme à gauche.

 

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Ian McEwan, 2011 - Thesupermat (CC BY-SA 3.0)



Ian McEwan, auteur d'Expiation (2003, Gallimard), fait régulièrement parler de lui au Royaume-Uni pour ses discours vindicatifs à l'égard du Brexit. Une fois encore, il a exprimé son point de vue lors d'une conférence organisée à Westminster le 12 mai... en suggérant que d'ici à 2019, les votants pro-Brexit les plus âgés seraient tous morts et enterrés.

 

« Une bande de vieux aigris, irritables même dans la victoire, est en train de façonner l'avenir de notre pays au détriment de l'avis de la jeunesse », assène-t-il avant de proposer un deuxième référendum, dont le résultat, augure-t-il, pourrait être bien différent du premier. « D'ici à 2019, le pays pourrait être d'humeur plus réceptive : 2,5 millions de plus de 18 ans, fraîchement majeurs et pour la plupart, anti-Brexit ; 1,5 millions de vieillards, pour la plupart pro-Brexit, fraîchement dans la tombe. »
 

 

Face au Brexit, les auteurs britanniques réclament plus de soutien du gouvernement


La Convention réunissait artistes et politiciens autour de débats sur le Brexit, voté il y a maintenant près d'un an. « Le vote que nous avons fait il y a un an fait partie du passé, et n'est plus d'actualité » explique la femme d'affaires Ginal Miller. « Les pro-Brexit comme les pro-UE devraient aller de l'avant. » Nombreux étaient-ils à soutenir le discours de McEwan, considérant le vote comme non représentatif de la société britannique. Le ton provocant de l'auteur a réjoui plus d'un spectateur.

 

Le musicien et activiste Bob Geldof déclarait ainsi : « J'aime le rejet de McEwan quant au Brexit. La colère est un bon moteur. Ce matin, j'ai entendu beaucoup trop de débats modérés. »

 

Et s'il y a une chose que Ian McEwan ne fait pas, c'est mâcher ses mots : en mars dernier, il avait dû s'excuser et clarifier certains propos dans lesquels il aurait comparé le référendum du Brexit au troisième Reich – en vérité une simple erreur de traduction, mais qui lui a valu cette image d'homme provocateur qui ne fait pas dans la dentelle.

 

« Ce pays, tout comme un ado dépressif et suicidaire, est en train de prendre un rasoir pour se tailler les veines, et songe à faire de même pour sa gorge », a-t-il poursuivi lors de la conférence. « Vraiment, le Brexit a fait surgir un aspect de la nation qui n'est ni héroïque, ni bon ni festif ; au lieu de ça, il a réveillé les plus bas instincts de l'être humain, les esprits mesquins et mal intentionnés, voire meurtriers. »
 

Des points de vue plus modérés ont également été entendus pendant la conférence : Anand Menon, professeur de politiques européennes au Kings College, parle ainsi de tempérer le Brexit plutôt que l'annuler, craignant que l'idée de McEwan soit anti-démocratique.
 

Encore faudrait-il qu'un deuxième vote soit mis en place...

via The Guardian