Le système britannique met trop l'accent sur la phonétique

Clément Solym - 07.02.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - Grande-Bretagne - phonétique - lecture


Vous avez galéré à apprendre l'alphabet phonétique au lycée? Comme on vous comprend... Il faut croire qu'il s'agit là d'une tradition solidement ancrée dans la culture britannique, puisque le système éducatif anglais n'en revient pas... à tel point que les professeurs mettent le holà. 


Lɛ mɑ̃bʀ dy paʀləmɑ̃... Non, on est sympa, on ne va pas vous faire ça, on traduit : les membres du Parlement ont vivement condamné la méthode phonétique prônée par le gouvernement britannique pour l'apprentissage de la lecture.

 

 

 

D'après les parlementaires, cette méthode serait beaucoup trop « mécanique » et provoquerait un désamour pour la lecture. Fabian Hamilton, leur porte-parole, rappelle que « la lecture doit être un plaisir. Bien sûr, les enfants ont besoin d'outils pour comprendre quels sons recouvrent les symboles, et ce que signifient ces sons. La phonétique est une manière de faire, il en existe beaucoup d'autres. » 

 

Et de citer la méthode globale, qui fonde l'apprentissage de la lecture sur une reconnaissance en contexte des mots. Une approche bien plus intelligente de la lecture selon eux, qui doit être préférée ou tout au moins croisée avec la phonétique. 

 

Le gouvernement britannique essuie depuis quelques mois une salve de critiques plutôt gratinées, surtout après l'annonce de l'instauration d'un test d'évaluation de lecture pour les élèves, dès l'âge de six ans, faisant de la lecture une obligation, et donc un repoussoir.

 

Le Ministre de l'Éducation Nick Gibb a défendu la ligne de conduite de son gouvernement : « Des preuves tangibles de l'efficacité de la méthode, de l'Écosse à l'Australie en passant par le National Reading Panel des USA, montrent que l'apprentissage systématique de la phonétique est la meilleure méthode pour enseigner la lecture, surtout auprès des enfants âgés de cinq à sept ans » a-t-il déclaré alors que 7,7 millions £ ont été mis à la disposition des écoles pour améliorer leur matériel pour l'apprentissage de la phonétique.

 

Phonétique ou pas, il y a visiblement quelques petits problèmes de communication entre le gouvernement et les professeurs, les annonces de l'un irritant systématiquement les autres : dernière en date, l'instauration de concours de lecture nationaux, qui avait fait bondir Christine Blower, Secrétaire Nationale de l'Union des Professeurs: « Plutôt que d'inventer de nouvelles compétitions, le gouvernement devrait fournir les moyens et la liberté dont les enseignants et les élèves ont besoin pour que ces derniers deviennent de bons lecteurs. »

 

Et bim !