Le testament d'une Vénitienne de 1351 dévoilé sans briser son sceau

Victor De Sepausy - 27.12.2017

Patrimoine et éducation - A l'international - Venice Time Machine - testament femme venise - numérisation testament 1351


Scellé à la cire, un testament a pu être dévoilé par les équipes de l’École polytechnique fédérale de Lausanne. Abrité dans les Archives nationales de Venise, ce dernier n'avait jamais été ouvert : pourquoi ? Mystère. Une technologie inédite développée par l’EPFL a ainsi révélé les dernières volontés de son auteure : la tomographie à rayons X fait des merveilles. 



 

 

Dans le cadre de la Venice Time Machine, conjointement mené par l’EPFL et l’Université Ca' Foscari de Venise, l’opération de numérisation du testament présente une véritable avancée. Signé par Catharuçia Savonario Rivoalti, le testament date de 1351, et n’a jamais été descellé : impossible de savoir à ce jour pourquoi, et logiquement, la curiosité des scientifiques était grande que de savoir ce que contenait le document. 

 

« Nous y avons trouvé des détails, des faits, des endroits à Venise qui existent encore aujourd’hui ; il s’agit donc d’un document vivant qui nous parle toujours. Il y a un détail assez amusant. La jeune femme prend le temps d’expliquer qu’elle a choisi du papier très onéreux pour son testament, probablement pour montrer qu’elle est d’un milieu aisé, et a donc un certain statut. Il s’agit de la première étape vers l’emploi de telles techniques pour lire des documents déposés aux Archives nationales de Venise », explique le physicien Giorgio Margaritondo. 

 

Mais qu’est-ce donc que la tomographie à rayons X ? Le principe est simple : une méthode non invasive, pour ne pas abîmer les documents. Grâce à l’usage des encres contenant du fer, utilisées depuis plus de 1000 ans en Europe, les scientifiques disposent d’une matière exploitable. 

 

Le testament a pu être scanné, par une méthode de balayage éprouvée sur un ouvrage scientifique du XVIIe siècle, qui avait servi de cobaye. Les données radiographiques ainsi proposées permettaient aux chercheurs de parcourir tant le texte que les illustrations, page après page. 



 

« La tomographie à rayons X est la solution pour la préservation d’un tel héritage tout en faisant la lumière sur un pan de l’histoire européenne », note Fauzia Albertin, physicien à l’EPFL. Giorgio Margaritondo poursuit : « De nombreux documents de la sorte existent dans les archives vénitiennes. Mais nous avons pu les lire sans problème grâce à la tomographie à rayons X et ainsi entendre la voix de cette jeune femme après tant de siècles. C’était une expérience pleine d’émotion. »

 

 

 

Voici la représentation modélisée du livre, après son passage sous les scanners. 

 

 

On pourra aussi retrouver plus d’informations sur le programme Venice Time Machine, dans ce documentaire.

 

 

via EPFL




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