Le tombeau de Prosper Mérimée, à Cannes, devient Monument historique

Victor De Sepausy - 14.08.2019

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Mort à Cannes le 23 septembre 1870, l’écrivain Prosper Mérimée jouit depuis d’un tombeau, qui avait été inscrit aux Monuments historiques le 7 juin dernier. Par arrêté, la pierre située dans le cimetière du Grand Jas peut ouvertement devenir un lieu de pèlerinage et de culte…


 

Un clin d’œil, autant qu’un hommage a été rendu par la France à l’auteur, qui fut également historien et archéologue. En effet, à partir de 1834 — il n’a que 31 ans — Prosper Mérimée entama la recension de bâtiments à l’architecture remarquable. 

De quoi préfigurer l’initiative d’André Malraux, qui avait monté « l’Inventaire Général des Monuments et Richesses Artistiques de la France ». Cette base, connue depuis 1978 sous le nom de Base Mérimée, recense donc les monuments historiques français. 
 

Auteur, traducteur, et repère historique


Les lycéens auront entendu parler de Mérimée à travers La Venus d’Ille, nouvelle fantastique dans la lignée de ce que pouvait écrire Maupassant — mais l’on a bien moins à l’esprit ses multiples traductions. Pouchkine et Tourgueniev furent ses auteurs russes de référence, dont il participa à la démocratisation en leur donnant vie en français.

En 2012, il était même devenu l’auteur favori de… Nicolas Sarkozy. Si fait.

Selon le ministre de la Culture, la protection de son tombeau « confirme l’importance historique et patrimoniale de sa dernière demeure. Un classement au titre des monuments historiques du tombeau sera ultérieurement soumis à l’avis de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture ».
 

Académicien, curieux et passion d'architecture


Prosper Mérimée, né en 1803, d’abord écrivain, a succédé en 1834 à Ludovic Vitet aux fonctions d’inspecteur général des monuments historiques après avoir intégré l’administration de la Monarchie de Juillet. Il est à l’origine de la construction du service des Monuments Historiques. 

Jusqu’en 1860, il sillonne la France afin d’en sauvegarder le patrimoine. C’est à son initiative que le jeune Viollet-le-Duc se voit confier la restauration de monuments majeurs tels que la basilique de Vézelay, le Mont-Saint-Michel, la cathédrale Notre-Dame de Paris, ou la cité de Carcassonne. 

Son importante œuvre littéraire lui vaut d’entrer à l’Académie française en 1844. Nommé sénateur en 1853, proche de l’impératrice Eugénie, il participe à la vie de la cour sous Napoléon III. Il quitte son poste d’inspecteur général des monuments historiques en 1860 tout en demeurant membre de la Commission des monuments historiques. 

Il passe les dernières années de sa vie, marquées par la maladie, sur la Côte d’Azur, et décède à Cannes le 23 septembre 1870. Il est enterré dans le carré protestant du cimetière du Grand Jas. Ouvert en 1866, ce cimetière compte au nombre des aménagements publics réalisés sous le Second Empire, conséquence du succès de la villégiature cannoise auprès de l’aristocratie européenne à partir des années 1830.


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