Le "tout anglais", un écueil à éviter pour la francophonie

Clément Solym - 27.06.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - francophonie - anglais - langues


Il faut s'en douter, quand les critiques bien formulées contre l'anglais fusent, c'est soit de l'Académie française, mais il suffit de tourner le dos aux Immortels pour qu'ils se taisent, soit du Québec. Eh bien, une quarantaine de personnes étaient hier réunies, pour inciter la francophonie à ne pas se laisser engloutir par l'anglais. 

 

Un appel, signé de plusieurs représentants venus de France, du Liban mais également du Canada, de Belgique, ou encore du Cameroun et de l'Algérie, a été lancé contre le « tout anglais », qui « constitue une obsession d'un autre temps et d'un autre monde. Il est une impasse dont il faut au plus vite sortir dans l'intérêt des peuples ayant le français en partage ». Alors que faire ?

 

D'abord, se souvenir que dans une semaine, se tiendra le premier Forum mondial de la langue française, et qu'il sera l'occasion de faire publier l'appel dans son intégralité, dans les colonnes de sept quotidiens… francophones, évidemment. 

 

Pour les auteurs du texte, il est impératif de se prévenir contre les ravages futurs qu'impliquerait l'adoption généralisée de l'anglais. « La soumission, la démission et la résignation linguistiques constituent les véritables menaces pour l'avenir de notre langue », expliquent-ils, non sans aborder quelques points concrets essentiels pour le maintien de la langue française.

 

Les travaux scientifiques, pour exemple, nécessitent d'être publiés en français, pour les territoires francophones, et non en anglais, au risque d'être indisponibles  pour certains lecteurs. De même, dans le cadre de la numérisation, ces articles seront plus simples à utiliser pour les étudiants, chercheurs et autres professionnels. 

 

Et de rappeler combien la langue française porte en elle de multiples choses, primordiales :

 

Par l'Histoire : au fil des siècles, la langue française s'est illustrée en portant très loin les outils critiques d'une pensée libre et singulière et les progrès des sciences. Elle a exprimé les grands principes des Lumières et les a offerts au monde. Successivement, elle a été l'instrument de l'émancipation sociale, du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et de l'émergence d'institutions pour la communauté des nations.

 

Par son universalité : la langue française est utilisée sur toute la planète par de très nombreuses nations à l'intérieur d‘elles-mêmes comme dans leurs rapports avec le monde, ainsi que dans les activités scientifiques et technologiques les plus avancées, de la génétique moléculaire à la conquête spatiale.

 

Par son statut de langue de travail et de langue officielle du système des Nations Unies et de nombreuses organisations internationales, continentales et régionales, et par le statut de la France de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU.

 

Par la démographie : avec la perspective de plus d'un demi-milliard de locuteurs francophones pour le milieu du siècle, principalement grâce à l'Afrique, mais également à la France qui devrait devenir le pays le plus peuplé du continent européen après la Russie.

 

L'appel est à retrouver à cette adresse.

 

« Nous souhaitons que le Forum mondial de la langue française soit un grand rassemblement de la société civile où toutes les générations, hommes et femmes, groupes organisés ou individus, universitaires, diplomates ou citoyens viennent partager leur amour de la langue française, leurs craintes, leurs ambitions et leurs espoirs », explique Abdou Diouf, secrétaire général de l'OIF, sur le site du Forum. 

 

Depuis plusieurs semaines, le Forum a également organisé différents concours et manifestation, pour mettre le français à l'honneur, et la ville de Québec, pour l'occasion, proposera plus de cinquante activités festives et gratuites à travers la ville.

 

Forum Francophonie