Le Vergilius Vaticanus, manuscrit de 1600 ans, disponible en numérique

Cécile Mazin - 15.07.2016

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« Je chante les armes et l’homme qui, exceptionnel, des rivages de Troie fut chassé par le destin et parvint en Italie, aux rives de Lavinia. » Évidemment, l’Énéide, c’est plus joli en latin. Et conscient de ce fait, le Vatican a décidé de la numérisation de plusieurs ouvrages de ses collections. Avec celui de Virgile, plus de 3000 autres doivent passer sous les scanners en partenariat avec la société NTT Data. 

 

Extrait du Vergilius Vaticanus

 

 

Virgile, poète ardant, admiré et révéré, comme un poète immortel – au point que Dante en fit son wingman pour parcourir son Enfer, est à l’honneur. Le monde médiéval entretenait l’idée que l’homme avait, parce que poète, des capacités prophétiques, et que ses œuvres contenaient des trésors de sagesse cryptés. La postérité, en tout cas, en a fait une légende littéraire. 

 

À ce titre, la redécouverte et la numérisation d’un manuscrit vieux de 1600 ans, richement enluminé, pourra éclairer cette journée. Sa seule conservation relève du miracle, autant que du respect profond que même l’Église catholique a pu témoigner au poète. Le Vergilius Vaticanus est l’une des plus anciennes versions du poème latin. Et grâce aux efforts de numérisation entrepris par le Vatican, on peut désormais le consulter intégralement sur Digital Vaticana, structure à but non lucratif, associée à la Bibliothèque du Vatican.

 

La calligraphie est minutieuse, réalisée en écriture littera capitalis rustica, ou Rustic Capitals, par un unique maître scribe. En revanche, on atteste que trois illustrateurs se sont partagé le travail d’enluminure de l’œuvre. 

 

Outre le texte de l’Enéide, le Vergilius Vaticanus contient également des passages d’un autre texte majeur de Virgile, les Géorgiques, qui porte sur les travaux agricoles et les relations entre humains et la nature. Il dispose de 76 pages avec une cinquantaine d’illustrations, dont certaines sont toutefois très endommagées.

 

 

 

On déplore cependant les énormes copyrights apposés sur les pages de la numérisation. Certes le travail est immense – Digal Vaticana projette de numériser 80.000 œuvres en tout, pour un coût de 50 millions € et sur une période de 15 années  toutefois, les marqueurs sont assez vilains, et bien visibles. 

 

Il est également possible de prendre part aux numérisations, en apportant une dotation personnelle : pour 500 €, les 200 premiers donateurs recevront une version imprimée de l’ouvrage.

 

 

L’intégralité du manuscrit peut être consultée à cette adresse.