Lecture : les filles ne portent plus la culotte

Clément Solym - 28.02.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - Grande-Bretagne - lecture - filles


Les résultats d'une étude britannique font apparaître une disparition de l'écart traditionnel entre la difficulté des livres lus par les filles et ceux lus par les garçons. L'explication pourrait se trouver dans une approche de la lecture comme un défi à relever. Avec une récompense à la clé ?

 

What Kids are Reading : ça envoie du lourd comme titre d'étude. Les clichés ont la peau dure, mais quelques chiffres peuvent parfois leur rendre la vie difficile : les habitudes de lecture de 213 527 élèves dans 1237 écoles ont été passées au crible pour en obtenir un état des lieux à peu près représentatif.

 

 

Âgés de 5 à 16 ans, les enfants ont été évalués à l'aide d'un logiciel qui détermine le niveau de difficulté du livre lu. Les résultats sont sans appel : le plus souvent, les livres choisis par la gent masculine sont plus ardus que ceux des filles. Quel est l'intérêt de ce constat ? Non, pas une fierté machiste, mais plutôt une interrogation nouvelle quant aux causes de l'échec scolaire, toujours plus fréquent chez les garçons.

 

Keith Topping, professeur de sciences sociales, se réjouit en tout cas des résultats concernant les lectures des plus jeunes : « Dans les premières années de leur scolarité, les enfants s'attaquent à des livres très difficiles avec succès : les effets d'une lecture volontaire sur les enfants sont incroyables ». Toutefois, il juge « alarmant » d'autres chiffres qui font apparaître une difficulté moindre des ouvrages choisis chez les enfants âgés d'environ 14 ans.

 

Au fur et à mesure des années, le résultat plutôt encourageant des garçons se dégrade, ce qui tend à nuancer l'enthousiasme suscité par les conclusions de l'étude. « Les garçons ont tendance à lire des ouvrages trop simples, et leurs lectures ont besoin d'un suivi plus strict que celles des filles. Même les grands lecteurs se lancent de moins en moins de défis en vieillissant » continue Topping.

 

Nick Gibb, le ministre de l'Éducation britannique, s'est évidemment réjoui, a souligné que « L'école et les parents jouent tous les deux un rôle important dans l'accès à des romans plus difficiles », mais n'a pas pu s'empêcher de ramener la lecture à une question de « récompenses ». C'est une quasi-obsession chez ce ministre, très critiqué par le corps enseignant pour avoir instauré des concours de lecture nationaux. (voir notre actualitté)

 

Par ailleurs, d'autres mesures plus anecdotiques dressent le classement des auteurs les plus lus : pour la troisième année consécutive, Roald Dahl arrive en tête, suivi par l'auteur pour les très jeunes Roderick Hunt. Dans le top 10, on trouve des noms comme Jacqueline Wilson ou Stephenie Meyer, et J.K. Rowling, qui malgré une progression ne pointe qu'à la 5e place. C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures lectures.

 

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