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Les archives de la revue Action, la lettre mensuelle d'Act Up-Paris

Antoine Oury - 29.08.2017

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Action revue - Action Act Up-Paris - lettre mensuelle Act-Up Paris


Le film de Robin Campillo, 120 battements par minute, permet de se plonger au sein d'une période cruciale dans l'histoire de la lutte pour les droits des homosexuels : l'association militante de lutte contre le SIDA Act Up-Paris mène alors une bataille sans relâche contre les préjugés, le rejet, l'indifférence et la maladie. La lettre mensuelle de l'association, Action, est le journal de cette lutte.




 

L'association Act Up est « malheureusement » toujours active, pour reprendre l'expression utilisée par la structure à l'occasion de leur 20e anniversaire, et la lettre d'information qui accompagne chaque mois sa lutte également.

En juillet 1991, le premier numéro d'Action voit le jour avec, au sommaire, « 12 mesures de lutte contre le sida », le programme d'Act Up-Paris, un article sur les antennes européennes d'Act Up, ainsi que des présentations de la commission médicale de l'association et de la commission Femmes & Sida.

 

On retrouve également, en ouverture de la lettre, un édito de Didier Lestrade, cofondateur, avec Pascal Loubet et Luc Coulavin, de l'association Act Up-Paris. « La France est, de loin, le pays européen le plus touché par le sida. Plus de 10 000 morts depuis le début de l’épidémie. 20 000 cas recensés et une estimation de séropositifs qui approchent la barre des 300 000 », écrit Lestrade, qui précise que la France abrite deux fois plus de cas qu'en Italie et qu'en Allemagne.

 

Il poursuit : « La responsabilité du gouvernement est, pour nous, totale. L’absence de prévention due à l’Agence Française de Lutte contre le Sida (AFLS), le retard pris par l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida (ANRS) en matière de recherche et d’accès aux traitements, la désinformation des médias sont des sujets de révolte et Act Up-Paris est aujourd’hui le seul groupe qui dénonce à haute voix cette gestion désastreuse de l’épidémie. »

 

Tout au long de son histoire, Action restera une revue politique et polémique, qui permettra de mettre en cause différents gouvernements, présidents ou ministres de la Santé pour leur absence de réaction vis-à-vis de l'épidémie du Sida. En septembre 1997, le ministre de l'Éducation François Bayrou est ainsi qualifié de « dernier de la classe », tandis qu'en 1999, c'est Martine Aubry, ministre de l'Emploi, qui est mise en cause à propos d'une circulaire sur l'indemnisation des personnes atteintes par le VIH.

 

L'intrégalité des numéros d'Action est disponible, jusqu'en juillet 2017, date à laquelle la revue reste « la voix de notre colère, l’instrument de nos actions », comme le soulignait Didier Lestrade en 1991.
 

Au Royaume-Uni, un réseau pour les professionnels
de l'édition LGBTQ+

 

Les numéros sont plus ou moins complets, et indisponibles en version numérisée complète : les différents articles qui les composent sont, en revanche, proposés à la lecture sur le site d'Act Up-Paris.