Les armes en milieu scolaire : privilégier le portique à l'humain

Clément Solym - 19.05.2009

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - armes - scolaire - portique


La violence, et par extension les armes qui la serve, deviendraient un problème quotidien en France, avec près de vingt incidents recensés par mois dans le milieu scolaire.

Pas de réelle augmentation

Mais pour le ministre, il devient urgent de mettre un frein et un terme à cette situation. Selon le Système d'information et de vigilance sur la sécurité scolaire, pour le mois de décembre 2008, 1,2 % des méfaits graves qui ont lieu dans l'enceinte scolaire sont réalisés à l'arme blanche, contre 0,1 % avec une arme à feu.

Fait rassurant : on n'observerait « pas de montée significative ». Fait moins rassurant : ces derniers jours ont été plutôt éprouvants de ce point de vue.

Ainsi, Xavier Darcos a annoncé qu'il recevrait le 27 mai prochain et non cette semaine comme initialement indiqué plusieurs organismes pour trouver des réponses à ces problématiques.

Des portiques, pas des hommes

Sont conviés l'Association des régions de France (ARF), l'Association des départements de France (ADF), les syndicats de chefs d'établissement et les fédérations de parents d'élèves FCPE et Peep. Pour le ministre, il convient « d'examiner toutes les solutions possibles : on peut imaginer dans certains établissements des portiques, des systèmes de fouille ». Les fameux portiques, donc, à la présence dissuasive, paraît-il.

Et de balayer toute idée d'augmentation du nombre de postes : « Vous ne réglerez pas avec un demi-poste de surveillant de plus le fait qu'un enfant de 13 ans arrive avec un couteau pour frapper un professeur alors qu'on n'a aucun signalement de violence. » Comme si la violence ne pouvait en effet pas tenter de s'endiguer avec la parole et l'échange - en partie au moins.

Le syndicat Snes-FSU serait d'ailleurs de notre avis : il souhaiterait plutôt que l'on privilégie « l'éducatif sur le tout sécuritaire, de privilégier les moyens humains permettant le dialogue et l'accompagnement plutôt que de développer les portiques et dispositifs de vidéosurveillance ». Ce qui bien évidemment nécessiterait que l'on revoie les suppressions de postes prévues et surtout d'assurer un recrutement prochain efficace.

Oui, mais un portique de sécurité coûte moins cher humainement qu'un surveillant et ce type de solution passablement américaine ne conviendra pas dans un contexte scolaire.