Les éditeurs devant l'offre de manuels scolaires numériques

Nicolas Gary - 23.07.2013

Patrimoine et éducation - A l'international - manuels scolaires numériques - étudiants américains - vente et location


Structurer le marché du livre scolaire, dans son format numérique, devient le combat premier des éditeurs américains. Ce commerce, qui connaît une certaine embellie depuis quelques années, permet aux étudiants de réaliser de réelles économies, surtout en regard du prix des ouvrages en version imprimée. Mais pour les éditeurs, la question économique se pose : comment gagner de l'argent malgré tout ?

 

 

Let's digitize!

xmacex, CC BY SA 2.0

 

 

Pearson Plc ou McGraw-Hill Education, sont à ce titre des sortes de pionniers : en mettant en ligne des versions de leurs manuels, avec des fonctionnalités interactives, ils proposent un nouveau modèle économique. L'élève souscrit à un accès en ligne, avec des codes qui expirent à la fin du trimestre. Obligation donc de renouveler son abonnement pour continuer à profiter du livre, ou de s'y replonger durant les révisions. 

 

Le procédé est difficile à avaler, puisqu'acheter un droit d'accès temporaire n'est pas des plus confortable. Pourtant, l'éditeur profite de l'ensemble des avantages de l'économie web : fin de l'impression, des expéditions et des processus de fabrication. Sauf que, nous l'avons vu au fil de l'année, les étudiants, pas plus que les enseignants, ne semblent passionnés par le format numérique. 

 

Une étude réalisée par Bowker, outre-Atlantique, montre qu'au cours des deux dernières années, 31 % des élèves ont essayé les manuels scolaires numériques, contre 28 % durant le précédent trimestre. Et près d'un quart de ceux qui s'y sont frottés le préfère alors aux versions papier. Pour eux, les atouts les plus évidents sont la tarification, les fonctionnalités de recherche dans le texte et la commodité de transport. (voir notre actualitté)

 

Mais dans tout cela, non seulement le taux d'adoption ne grimpe pas, mais surtout, la présence de tablettes dans les foyers, qui serait un moteur pour pousser cette économie, ne semble rien changer.   

 

De véritables questions économiques

 

La commercialisation de manuels scolaires en ligne a représenté 27 % des 12,4 milliards $ dépensés par les élèves du secondaire et les lycées au cours de l'année passée aux États-Unis, estime le cabinet Outsell Inc, d'après Reuters. Si les éditeurs s'attendent à ce que le pourcentage grandisse, ils ont pris les devants pour se positionner face à la concurrence. Chez Pearson, la moitié des recettes totales provenait des produits et services, tous numériques, et les dirigeants considèrent que ces chiffres vont continuer d'augmenter - avec une transition qui ne sera pas immédiate...

 

Une autre étude de la National Association of College Stores estime que 77 % des étudiants préféreraient encore les livres papier au numérique. Menée l'an passé, l'étude a eu plusieurs échos cette année encore. Le cabinet Student Monitor ajoutait, dans une enquête récente, que 14 % des étudiants inscrits à l'université au printemps avait eu recours à des manuels numériques, et seuls 2 % avaient acheté un exemplaire numérique. En fait, une majorité d'entre eux ne trouvaient pas très utiles les fonctions spécifiques, vantées par les éditeurs.

 

L'autre point, c'est le coût de ces manuels numériques : un ouvrage pris pour exemple, Biology, de Sylvia Mader et Michael Windelspecht, coûte 120 $ en ebook contre 229 $ en papier. Sauf que la location de l'imprimé coûte 36 $, avec une option d'achat pour 102 $ - et ensuite, la revente permet de tirer 95 $ de son manuel. Dans une période où tout le monde tente de diminuer les dépenses, le numérique ne semble pas si attractif. Les dépenses moyennes, pour les étudiants, étaient de 192 $ en 2008, contre 138 $ pour le printemps 2013, et ce, alors que le prix de vente des ouvrages est en hausse de 6 % annuellement.

 

Le manuel scolaire numérique fait également face à une concurrence du côté des productions Open Source, gratuites, ou presque : les étudiants partagent, échanges, plutôt que d'acheter des manuels officiels. Un modèle bien plus séduisant, et qui n'a rien à envier aux ouvrages d'éditeurs. Ces textes en ligne disposent des mêmes avantages que l'offre éditoriale classique, avec l'avantage de l'apport commun et de l'enrichissement.




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