Les éditions Belin recherchent un repreneur, pour un tiers du capital

Clément Solym - 02.09.2014

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - Najat Vallaud-Belkacem - programmes scolaires - manuels enseignants


L'élaboration des programmes scolaires, et le retard que ce chantier a pris, posent de sérieux problèmes dans le secteur du manuel scolaire. Le remaniement ministériel pourrait n'avoir aucune conséquence sur les dispositifs à venir, dans ce secteur. Mais en l'état, il faudra se serrer la ceinture, pour les maisons concernées. Si le retrait de la flûte à bec ne causera pas de grand bouleversement, le financement de l'Éducation nationale tarde à venir.

 

 

 

Et pour cause : les crédits alloués par le gouvernement pour les manuels scolaires sont actuellement coupés, parce que l'on attend, justement, que les programmes scolaires soient mis en place. Pour Najat Vallaud-Belkacem, le dossier va être chaud, puisqu'il faudra également jongler avec le fameux ABCD de l'égalité, qui avait causé tant d'inutiles remous.

 

La difficulté qui se pose est qu'avec le gouvernement Ayrault, une première vague de réformes avait été entamée, et qu'en l'état, son successeur, Benoît Hamon, n'aura pas eu le temps de poursuivre, durant le bref gouvernement Valls I. Avec Valls 2, Najat Vallaud-Belkacem devra se charger, outre des rythmes scolaires, de la grande refonte des programmes. Le Conseil supérieur, qui avait été mis en place en 2013, n'a toujours pas présenté sa feuille de route.  

 

Repoussée d'une année, voire peut-être de deux, cette situation commence à devenir problématique. « La direction de l'enseignement scolaire va consulter les enseignants à l'automne pour que, sur la base de leur avis, le texte soit finalisé », assurait la ministre, à l'occasion de la conférence de presse. Mais Bernard Egger, président de l'association des professeurs de mathématiques, expliquait : « Pour l'impression des manuels scolaires, les programmes doivent être prêts au moins dix mois avant la rentrée, nous n'aurons donc rien avant 2015 ou 2016. » (JDD)

 

Najat Vallaud-Belkacem assure que, « dès septembre, les contenus d'enseignement sont recentrés à l'école élémentaire pour garantir l'acquisition des connaissances et des compétences avec une progression plus cohérente et plus adaptée aux apprentissages. Les premières semaines de l'année scolaire sont dédiées à la consultation des enseignants sur le socle commun de connaissances, de compétences et de culture et le nouveau programme de la maternelle ».

 

2015, la route sera longue, pour certains, et si dans les groupes, on serre les dents, chez les éditeurs indépendants, la situation s'avère plus complexe. Si la consultation doit bien débuter le 21 septembre, la baisse du chiffre d'affaires dans l'édition scolaire est amenée à se poursuivre, bien que le retour de l'histoire dans le programme du Bac scientifique permette de reprend un peu son souffle.

 

Sera-t-il possible d'anticiper la refonte, ou de l'accélérer ? C'est l'une des questions de Mme Sylvie Marcé, PDG de la maison indépendante, les éditions Belin, mais également présidente du groupe Éducation au Syndicat national de l'édition. Selon nos informations, la structure se retrouve dans une situation qui la contraint à chercher un repreneur. Or, pour le moment, une banque d'affaires a été mandatée par les actionnaires pour trouver ce partenaire, en mesure d'apporter des fonds. Il s'agirait de le faire intervenir, pour un tiers du capital des Éditions Belin. 

 

La PDG a rappelé récemment à ses équipes tout l'attachement que les actionnaires pouvaient avoir vis-à-vis de la maison, autant que leur désir que l'entreprise reste pérenne. D'ici la seconde quinzaine de septembre, de nouvelles informations devraient être communiquées.