Les élèves anglais veulent du latin : où sont les pédagogues ?

Clément Solym - 23.05.2009

Patrimoine et éducation - Scolarité France - eleves - anglais - latin


« Le latin, c'est mortel, y'a qu'à voir ce qui reste des Romains... » Ah, sinistre pensée que celles de ces têtes blondes que l'on a croisées devant un tableau noir, torturées à l'idée de décliner Rosa, et ignorant tout de Jacques Brel. Et pourtant, à Oxford, on constate que la langue de ce plaisantin de Cicéron a fait des émules : ils étaient 390 en 1999 à l'apprendre, contre 629 cette année.

Problème : on manque cruellement d'enseignants dans ce domaine. Le niveau des profs serait suffisant pour des collégiens, mais pour ce qui est du certificat général de l'enseignement secondaire, ou GCSE, c'est pas gagné.

En outre, le gouvernement refuse d'accorder un statut similaire aux enseignants de latin, qui en regard de leurs confrères de français ou d'allemand n'ont pas le même salaire - ni les fonds supplémentaires pour l'établissement qui les fait travailler.

L'épée de Damoclès qui tient au-dessus de la tête des latinistes existe depuis des années, mais en ces jours de triste économie, comment faire plus que jamais valoir la présence et la construction mentale qu'offre cette langue ?

Pourtant, une enquête menée par Will Griffiths, directeur de la Cambridge School Classics Project, montre que les élèves ont un intérêt pour le latin. Sauf que ceux qui passent leur GCSE avec du latin sortent à 60 % d'écoles indépendantes et privées.

Le public ne veut-il plus du latin ? On parle d'élitisme pour les personnes qui pratiquent la langue, mais finalement, c'est le comportement à son égard qui en fait un objet réservé aux élites. Ce n'est sûrement pas la faute du latin, dans ce cas...