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Les expressions de Noël 2 : porter un toste

Clément Solym - 20.12.2007

Patrimoine et éducation - Scolarité France - expression - porter - tost


Dans cinq jours c’est Noël, et je tiens à profiter de cette occasion, et du petit espace d’expression personnelle qui m’est accordé dans cette rubrique, pour porter un toste à votre santé, chers lecteurs.

Alors, je vous en prie tendez vos verres que je puisse délicatement y jeter ma petite mouillette de pain rôti…

Comment ça, vous ne connaissez pas cette ancienne coutume ? Mais comment donc portez-vous les tostes alors… ?

Bon, comme on s’approche de Noël, et que je tiens à rester bien sage pour recevoir mes cadeaux (et la liste est longue), je consens à vous offrir l’explication de cette expression et de la coutume à laquelle elle fait allusion.

Tout vient d’un petit bout de pain grillé, la tostée, que l’on mangeait en guise d’amuse-bouche en France au XVe siècle. Les anglais jugeant la pratique intéressante, nous l’empruntèrent. D’où la double orthographe porter un toste (version française) et porter un toast (version anglaise). Nos voisins d’outre-Manche quelque peu grivois parfois, malgré les apparences, inventèrent un jeu pour accompagner la tostée.

Lorsqu’un homme avait des vues sur une dame, il réunissait ses amis pour porter un toast à la belle. Il s’agissait de remplir une coupe de vin et d’y jeter la tostée. Chacun buvait à tour de rôle, et le galant buvant en dernier, mangeait la fameuse tostée, à la santé de son aimée. L’homme étant d’un naturel badin, et l’anglais aussi, lors de cette pratique survinrent de grands débats pour savoir si la dame était toastable. Nos voisins conservèrent cette coutume très longtemps d’où certainement la prédominance de l’orthographe anglaise.

Au XVIIIe siècle quelques français passant par là furent séduits par cette pratique et ramenèrent chez nous l’expression ainsi que l’usage.

Voilà pourquoi depuis lors nous portons des toasts (ou des tostes), heureusement nous avons perdu cette vilaine habitude de tremper du pain grillé dans notre vin, et puis nous  ne portons plus de tostes uniquement pour les femmes mais pour tous. En ce qui concerne la toastabilité d’une dame, en revanche, il faut bien avouer que la pratique reste en vigueur, sous une autre forme certes, mais souvent à l’heure de l’apéro sur les terrasses de café l’été….

Enfin je souhaiterais revenir sur un usage moderne dont les racines plongent jusqu’au moyen âge aussi. Trinquer dans les yeux avec quelqu’un.

Il faut savoir qu’à l’époque les empoisonnements étaient monnaie courante. Alors pour échapper à l’angoisse de boire avec un ami qui vous a peut-être versée de la ciguë dans le verre, on prit l’habitude de choquer les verres bien fort, afin que les liquides se mélangent.

Et si on ne se lâchait pas du regard jusqu’à avoir complètement avalé la première gorgée, c’était simplement pour prouver que l’on n’avait rien à se reprocher. Ainsi, si on vous menace de sept ans de malheur sexuel ou si on essai de vous coller sur le dos la mort d’un marin, parce qu’outrage suprême vous n’aurez pas regardé dans les yeux votre comparse en trinquant, ne paniquez pas. Il ne s’agit que des traces d’une très ancienne méfiance, obsolète de nos jours.

Bon avec tout ceci vous voilà parés pour Noël !

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