L’accès à la culture entraîne des disparités que les pouvoirs publics ont à cœur de résorber. Dans le cadre d’une enquête nationale, Olivier Donnat a produit une étude qui interroge les Français. Les inégalités culturelles, qu’en pensent-ils ? Parce qu’en partant de ces avis, les actions à initier peuvent devenir plus claires.

 

Autour du chat noir exposition au Musée de Montmartre

ActuaLitté CC BY SA 2.0

 

 

Selon les résultats, 53 % de la population considère que les inégalités sont très fortes, ou assez fortes, mais surtout, qu’elles augmentent – 14 % fortement, 34 % un peu – depuis une trentaine d’années. Cependant, les lieux de culture ne leur semblent pas inaccessibles : seul un tiers voit les musées et les théâtres comme des lieux réservés à l’élite – les deux tiers sont soit en désaccord, soit totalement contre ce préjugé.

 

En général, les Français se montrent plutôt sévères vis-à-vis des inégalités d’accès, de même qu’ils dénoncent la méritocratie scolaire, ou les discriminations. En somme, l’étude montre comme un corollaire que le pays est protestataire dans son ensemble...

 

On attend également beaucoup de l’État à ce titre : 9 personnes sur 10 souhaitent que les pouvoirs publics s’engagent pour réduire ces inégalités, et 55 % attendent une politique plus ambitieuse. 

 

La gratuité des musées ou des monuments historiques fait partie des propositions, pour 49 % des répondants, qui l’attribueraient à tout un chacun. Un quart pense que cette gratuité ne devrait concerner que les publics aux revenus modestes, par exemple. Une personne sur 5 estime en revanche que tout le monde doit payer. 

 

On constate également que les milieux favorisés restent en retrait sur la question de la gratuité pour tous. « Elle est nettement majoritaire parmi les personnes les moins diplômées ou disposant des revenus les plus faibles, les chômeurs (57 %), les personnes ayant vécu souvent des situations de discriminations (62 %)

ou éloignées des services publics (60 %), en particulier celles qui se définissent comme exclues ou défavorisées (76 %). »

 

« Cette forte attente à l’égard des pouvoirs publics en matière d’accès à l’art et à la culture fait écho à celle qui s’exprime, également avec force, à l’égard de l’État sur le terrain économique. Les deux ont d’ailleurs tendance à aller de pair », note-t-on.

 

Dans l’ensemble, les femmes dénoncent plus facilement les inégalités d’accès. Non que les hommes s’en détachent, mais il y a certainement un peu d’histoire derrière cette prise de position. « Seule une minorité de Français (11 %) conteste la légitimité de la politique de démocratisation. Elle est plutôt masculine, jeune et composée d’indépendants et d’ouvriers : respectivement 23 % et 16 % d’entre eux défendent en effet une telle position contre 6 % seulement des cadres et professions intellectuelles supérieures. »

 

De même les personnes qui se situent à gauche (et plus encore à l’extrême gauche) de l’échiquier politique, de celles ayant subi souvent des discriminations et de celles qui appartiennent aux professions intermédiaires. Les jeunes, en revanche, apparaissent en retrait sur la question de la démocratisation.

 

Chose notable, si l’on évoque les musées, la musique ou les bâtiments historiques, ni le cinéma ni les livres ne sont mentionnés.

 

 

 


Pour approfondir

Editeur : PUF
Genre : sociologie faits...
Total pages : 1680
Traducteur :
ISBN : 9782130628910

Un kilo de culture générale

de Florence Braunstein; Jean-Francois Pepin

Une bonne culture générale vaut son pesant de papier. Il lui fallait un poids lourd : la somme des connaissances censées acquises au sortir de l'adolescence, et qui pourtant nous échappent sans cesse, est désormais à votre portée. Littérature, histoire, philosophie, géographie, sciences et arts : ces domaines se croisent ici en bonne harmonie, tant par fragments que comme parties d'un tout. L'expérience de plus de vingt ans d'enseignement nous a permis d'écrire ce guide unique en son genre car il couvre l'ensemble des

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