Les garçons n'ouvriront même pas un livre de plus de 200 pages

Clément Solym - 17.05.2011

Patrimoine et éducation - A l'international - garçons - lecture - pages


Combien compte de caractères un SMS, déjà ? 140 ? Comme Twitter ? Alors nous sommes tous morts... Quand ce week-end, un ado, dont les parents sont proches de la rédaction, à la réception d'un texto rétorque : "J'le lis pas, c'est trop long", alors vraiment, on peut s'inquiéter...

En Irlande, les enseignants ont le même problème. Et pour inciter à lire, les profs se mobilisent pour trouver des ouvrages brefs. Très brefs. Parce que les garçons n'aiment pas les romans trop longs. Ils ont tendance à les ennuyer, comme le démontre une récente étude.

Celle-ci pointe qu'au-delà de 100 pages, un garçon décroche complètement, et que pour riposter, les enseignants n'ont rien trouvé de mieux que de chercher des livres particulièrement courts. Pour au moins les faire lire un peu. Un tout petit peu...

Enseignants désabusés

L'étude est nette : pour la tranche de 11/13 ans, et les quelque 500 enseignants interrogés, près de 24 % considèrent que le seuil de lecture maximum est de quelques pages. Pour 22 %, cela se monte à une cinquantaine, et 24 autres % considèrent que cela se situe à 100 pages. En somme, passé 100 pages, y'a plus personne.

Hugleikur Dagsson, Ça vous fait rire ? éditions Sonatine

Pour près d'un tiers des répondants, si le livre fait plus de 200 pages, les élèves ne l'ouvriront pas, avant même de savoir ce qu'il peut raconter... Seuls 3 % estiment que la réaction sera la même pour les filles de cette tranche d'âge.

Bilan des courses ? 43 % des enseignants cherchent des livres de moins de 100 pages pour leurs élèves, privilégiant les garçons, au détriment de leurs élèves de sexe féminin. Quant à 32 % des professeurs, ils ont tendance à accélérer le rythme de lecture pour garder l'attention des garçons et les maintenir attentifs. Ils sont même 28 % à pratiquer la lecture en diagonale.

Et dans les thématiques ?

Pour certains enseignants, c'est en puisant dans des thèmes chers à l'adolescence, ou la pré-adolescence que l'on peut trouver une solution. Ainsi, la littérature gore ou les polars seront privilégiés.

Les élèves, pour leur part, semblent confirmer cette tendance pressentie et constatée par le corps enseignant. Un élève sur cinq préfère en effet les livres de moins de 100 pages. Pour 40 % d'entre eux, le livre parfait compte moins de 200 pages, tandis que 47 % choisiraient plutôt de lire des extraits, à des livres complets.

Difficile de soutenir le plaisir de la lecture, devant un tel public. Et pourtant, l'UNESCO rappelle combien l'activité est importante : l'indicateur de l'épanouissement d'un élève dans le cadre scolaire est largement donné par le plaisir qu'il prend, ou ne prend pas, à lire.