Les Heures dessinées à l'usage de Paris reconnues Trésor national

Antoine Oury - 24.11.2017

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La Commission consultative des trésors nationaux a rendu un avis favorable à la reconnaissance du statut de trésor national pour Les Heures dessinées à l'usage de Paris, soit 178 feuillets datant du XVe siècle, attribués aux Frères Limbourg ou à un proche collaborateur. Ce manuscrit exceptionnel pour ses images dessinées se place dans la lignée des Belles Heures et des Très Riches Heures du Duc de Berry.

 

 
 

Ce livre d'heures attribué au Frères Limbourg rassemble un calendrier, des périscopes évangéliques, deux oraisons à la Vierge, les Heures de la Vierge, les Heures de la Croix, l'office des Morts, la mémoire de plusieurs saints, ainsi qu'un ensemble d'oraisons. Pour rappel, les livres d'heures accompagnaient, dès le XIVe siècle, les laïcs dans leur pratique quotidienne de la foi chrétienne.

 

Si Les Heures dessinées sont si marquantes, c'est avant tout pour, comme l'indique leur titre, les dessins qui les agrémentent : 30 illustrations — le manuscrit complet devait en faire apparaitre 42, lettrines comprises, estiment les experts de la maison Millon.

 

Les Heures dessinées peuvent sans doute être attribuées aux frères Pol, Jehan et Hermann Limbourg, auteurs des Belles Heures et des Très Riches Heures pour le Duc de Berry. Entre 1405 et 1416, les trois Limbourg ont œuvré pour Jean de France, duc de Berry, et ce manuscrit remonterait à une époque sensiblement similaire.

 

L'étude détaillée des experts de la maison Millon en 2013 conclut que Les Heures dessinées peuvent être attribuées aux Frères Limbourg, sans trop de risques d'erreurs. D'après leurs conclusions, Les Heures Dessinées seraient une sorte de travail préparatoire aux Belles Heures et aux Très Riches Heures du Duc de Berry, et leur valeur résiderait, paradoxalement, dans l'absence de peinture, qui laisse ainsi admirer les traits des artistes.

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« [C]es dessins présentent des caractéristiques de leur manière, notamment la facture maîtrisée et la virtuosité du traitement des illustrations, particulièrement visibles dans la scène de l'Annonciation ou de la Présentation au Temple », reconnaît la Commission consultative, qui remarque également « la proximité de la dernière illustration de la vie de sainte Catherine avec les Belles Heures et la présence à la fin du recueil de la prière du voyageur, accompagnée d'une bordure dorée délimitant l'espace pour une illustration non exécutée, prière que Jean de Berry a fait ajouter dans au moins trois de ses livres d'heures ».