Les lecteurs d'ebooks ? Sûrement pas pour les étudiants

Clément Solym - 18.03.2009

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - lecteurs - ebooks - universitaires


Alors que le SNE réfléchissait hier au monde numérique du livre, notant que les manuels scolaires sont encore peu représentés dans l'offre, elle-même moribonde, les éditeurs universitaires remettraient en question de leur côté l'utilité des lecteurs d'ebooks pour les étudiants. Principal reproche et non des moindres, leur incapacité à interagir avec le net et d'autres sources.

Au cours de la conférence annuelle APSBG, les discussions ont été vives. Pour David Kohn, responsable du commerce électronique de Waterstone's, les 30.000 exemplaires de Sony Reader vendus sont pourtant un signe manifeste de l'intérêt du public. C'était « probablement plus de 25.000 exemplaires que ce que nous attendions », alors qu'en parallèle près de 100.000 livres électroniques ont été achetés depuis le lacement en septembre. Le marché existe, maintenant, reste à savoir comment s'en servir.

Un manque d'internet flagrant

Mais Peter Hampson, directeur de ventes chez Sage, éditeur scolaire, la plus grande préoccupation tourne autour de l'interaction limitée des appareils, quel qu'en soit le constructeur. L'étudiant a besoin d'être connecté, estime-t-il, autant que de profiter d'un manuel numérique, mais la navigation et la recherche d'informations sont primordiales. Confronter les informations et les vérifier est une des bases qui ne peut être exclue, rapporte The Bookseller.

Et d'autres intervenants pointeront du doigt que pour certains secteurs universitaires, les lecteurs ne sont absolument pas adaptés, pour les soins infirmiers par exemple ou l'ingénierie. Si leur valeur n'est plus à démontrer dans la lecture loisir, ou pour un étudiant en lettre, reste des manques comme la prise de notes qui font cruellement défaut. La conférence se conclura sur une vision d'un marché encore en devenir, où la forte demande, si elle est en cours, sera également valorisée par l'apparition d'appareils plus performants.

Reste l'éternel prix des modèles et les schémas de distribution qui posent encore des questions importantes, et sur lesquelles le domaine universitaire devra garder un oeil.