Les lectures de Shakespeare et la diffusion du livre à la Renaissance

Camille Cornu - 05.02.2016

Patrimoine et éducation - A l'international - Shakespeare - influences


À quoi pouvait bien ressembler la bibliothèque de Shakespeare? Si l’on retrouve dans ses œuvres des références aux écrits de Chaucer, à la Bible ou à Plutarque, les livres n'étaient pas si accessibles à la Renaissance. Comment étaient-ils produits? Oxford University Press a créé une infographie présentant ensemble les influences de Shakespeare resituées dans le contexte du livre à la Renaissance. 

 

Title page William Shakespeare's First Folio 1623.jpg

Couverture du premier folio, 1623

Martin Droeshout, domaine public.

 

On trouve dans les écrits de Shakespeare des références à nombre d’auteurs, Boccace, Ovide ou Chaucer, dont le Parliment of Fowles a inspiré notamment le discours de Mercutio dans Roméo et Juliette

 

Shakespeare est né en 1594, alors que le taux d’alphabétisation était en pleine expansion (de 1 % de femmes et 10 % d’hommes en 1500, il passe à 10 % de femmes et 30 % d’hommes en 1700), mais toujours est-il qu’avoir eu accès à autant de lectures reste le signe d’un privilège certain. 

 

Une imprimerie de taille moyenne (comprenant trois imprimantes) ne pouvait fonctionner sans la force de travail d’au moins 10 personnes et avait besoin d’être réapprovisionnée en une trentaine de rames de papier par jour. De plus, le papier était un produit de luxe et représentait au moins 40 % des coûts de production, ce qui poussait les éditeurs à passer au petit format (in-8o, in-16 et même in-24). Quant à l’encre utilisée, elle était faite d’un mélange d’huile de lin et de résine brûlée. 

 

En 1550, l’Angleterre ne comptait qu’une vingtaine d’« imprimeurs » (qui cumulait généralement le rôle de libraire et d’éditeur) et dans la seconde moitié du siècle, l’imprimerie se développera en s’implantant particulièrement à Cambridge (1583) et Oxford (1585). En comparaison, l’Italie, qui détient alors le leadership de l’industrie de livre, réunit 100 à 150 presses actives au milieu du XVIe siècle. 

 

Et pendant longtemps, la propriété des publications appartenait à l’éditeur ou à l’imprimeur, mais sûrement pas à l’auteur...