Les enchères autour d'Harper Lee, des lettres mortes

Nicolas Gary - 13.06.2015

Patrimoine et éducation - A l'international - Harper Lee - Kill Mockingbird - enchères lettres


Le rendez-vous a été totalement manqué : les quelques lettres de Harper Lee, mises aux enchères par la maison Christie’s ce 12 juin n’ont retenu aucune attention. La cagnotte était élevée : l’estimation allait jusqu’à 250.000 $ pour ces courriers écrits entre 1956 et 1961. Autrement dit, l’époque charnière, juste avant et après la publication de son premier roman, To Kill A Mockingbird.

 

Mockingbird on fountain

andymw91, CC BY SA 2.0

 

 

« S’asseoir et écouter les gens avec lesquels vous êtes allé à l’école pour une heure – d’entendre toujours les mêmes conversations jour après jour est plus efficace qu’une méthode de torture chinoise. Ça suffit pour faire renoncer à tout », écrivait-elle dans l’un de ces courriers. 

 

Mais cet ennui n’aura pas suffi à captiver les acheteurs : la meilleure offre fut de 90.000 $, bien en deçà de l’estimation de prévente minimum, chiffrée à 150.000 $. 

 

Pourtant, ce n’est pas l’actualité qui manque : la suite de To Kill, Go Set A Watchman, écrit avant et publié 50 ans plus tard, sortira le 14 juillet chez HarperCollins. L’éditeur affirme que, d’ores et déjà, on a dépassé le nombre de précommandes, en explosant le record absolu de l’histoire de la maison. La première impression n’est pas moins impressionnante : 2 millions d’exemplaires seront éparpillés sur le territoire. 

 

Le tout non sans polémiquer, puisque des voix ont accusé l’agent d’abus de faiblesse, et l’État d’Alabama a été contraint de diligenter une enquête avec audition de toutes les parties possibles pour le vérifier. Harper Lee, indignée qu’on puisse la croire folle ou sénile, avait également dénoncé des manœuvres... dont on ignore encore quels intérêts elles auraient bien pu servir. 

 

En tout cas, si la romancière de 89 ans comptait sur cette vente pour mettre un peu plus de beurre – de la crème fraîche ? – dans ses épinards, il faudra repasser. 

 

Publié en 1961 et couronné du Prix Pulitzer, To Kill a Mockingbird s'est vendu à plus de 30 millions d'exemplaires dans le monde entier.


Pour approfondir

Editeur : LGF
Genre : litterature...
Total pages : 445
Traducteur :
ISBN : 9782253115847

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

de Harper Lee

Dans une petite ville d'Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finck élève seul ses deux enfants. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 - au coeur de la lutte pour les droits civiques - , connut un tel succès et reçut le prix Pulitzer en 1961. Il ne suffit pas en revanche à comprendre pourquoi ce roman est devenu un livre-culte aux Etats-Unis et dans bien d'autres pays. C'est que, tout en situant son sujet en Alabama à une époque bien précise, Harper Lee a écrit un roman universel sur l'enfance confrontée aux préjugés, au mensonge, à la bigoterie et au mal. Racontée par la petite fille de Finch avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique.

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