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Les lettres du poète Yeats sauvées in extremis par l'Irlande

Victor De Sepausy - 02.10.2017

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Scandale en Irlande : le patrimoine littéraire est dilapidé ! Le ministère de la Culture a été vertement critiqué pour avoir laissé partir des lettres échangées entre le poète et dramaturge William Butler Yeats et Olivia Shakespear, l’amour de sa vie. Heureusement, le gouvernement a su redresser la barre, en urgence.


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Yeats par John Singer Sargent, en 1908 (domaine public)


 

Les lettres entre l’auteur et sa douce menaçaient de finir dans les mains d’un acheteur privé, mais l’État a fini par intervenir et prendre en main les enchères. La collection, qui a plus d’un siècle, possède une importance culturelle et patrimoniale de premier ordre. 

 

Proposées chez Sotheby’s durant une vente dirigée à Londres la semaine passée, ces lettres auraient donc été perdues pour l’Irlande. Et comme le pire a été évité de justesse, la ministre Heather Humphreys a pu se féliciter de ce que le pays avait réalisé une merveilleuse acquisition. 

 

Le prix de réserve pour l’ensemble de l'enchère était de 2 millions €, et c’est au responsable culture du parti travailliste, Joan Burton, que l’on doit d’avoir tiré la sonnette d’alarme. « Une vente honteuse », avait-il déploré dans la presse, d’autant plus qu’elle avait lieu à Londres et que l’Irlande allait perdre ce trésor « parce qu’il manquait 2 millions € ».

 

Tout est bien qui finit finalement bien : après qu’une pétition publique a interpellé l’État pour qu’il se décide à préempter les lettres, ces dernières ont été achetées pour la somme de 725.000 €, dont 500.000 € qui furent mis à disposition par le ministère de la Culture. Le reste de la somme est un investissement réalisé par la National Library of Ireland.

 

Le lot était mis en vente par les trois petits-enfants de Yeats, une partie de la collection alors mise en vente. Certains des échanges épistolaires commencent par des déclarations passionnées que l’auteur faisait au début de sa relation avec Olivia, avant même leur mariage en 1917.

 

D’autres furent écrites durant la guerre civile irlandaise, ou à l’occasion de voyages en Angleterre et aux États-Unis. 

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La famille Yeats a assuré qu’elle ferait don des archives qui sont encore en leur possession, directement à la NLI. Et la ministre de rappeler que, certes la vente a failli passer à la trappe, mais que l’établissement reste seul à même d’expertiser les articles qu’il importe d’acheter.

 

Au cours des dernières années, rajoute Heather Humphreys, 4 millions € ont été dépensés pour acheter des éléments patrimoniaux relatifs au poète. « L’Irlande possède la plus grande collection d’œuvres de Yeats au monde », se gargarise-t-elle.

 

via Irish Times, Independent