Les livres de Jane Austen ne lui ont pas rapporté grand-chose

Antoine Oury - 07.08.2019

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Jane Austen - revenus auteure livres - Jane Austen revenus


Des documents tirés des archives de la Banque d'Angleterre ont permis d'évaluer les revenus de Jane Austen, notamment ceux obtenus par la vente de ses romans – pour la plupart publiés à compte d'auteur. Selon les estimations, Austen aurait gagné, avec ses écrits, 631 £ au total, selon les standards de l'époque, soit environ 45.000 £ aujourd'hui, presque 50.000 €.

Jane Austen 10 GBP Bill
(Eppu Jensen, CC BY-NC-SA 2.0)


Lus et appréciés dans le monde entier, les romans de Jane Austen génèrent des profits astronomiques pour l'édition. Mais l'auteure elle-même n'en aura guère profité : l'étude de documents conservés par la Banque d'Angleterre révèle que Jane Austen a gagné environ 631 £ de la vente de ses livres, soit 575 £ après prélèvement des différentes taxes.

John Avery Jones s'est penché sur les documents de l'institution bancaire, et notamment un manuscrit intitulé « Profits of my Novels », tout simplement, soit « Bénéfices tirés de mes romans ». Cependant, le calcul s'est avéré plus complexe que prévu, car Jones a dû évaluer certains investissements d'Austen dans des bons destinés à soutenir la marine britannique pour retrouver les revenus initiaux.

Et encore : le chercheur a aussi pris en compte la manière dont les revenus tirés de l'édition de livres étaient imposés, avec une nuance de taille. Austen a publié la quasi-totalité de ses romans à compte d'auteur, ce qui complexifie encore un peu plus tous les calculs.

Après toutes ces savantes opérations, Jones estime que Mansfield Park, publié par Thomas Egerton en 1814 — à compte d'auteur — lui aurait rapporté entre 297 £ et 337 £, contre 110 £ pour la vente des droits d'Orgueil et Préjugés et 140 £ pour ceux de Raison et Sensibilité.
 
Au total, les revenus des ventes des livres, pour Austen, seraient autour de 575 £, soit 45.000 £, ce qui, même pour l'époque, était peu, rappelle John Avery Jones. Maria Edgeworth, par exemple, avait obtenu 2100 £ pour les ventes de droits de son propre roman Patronage, dont la popularité, aujourd'hui, n'atteint pas celle des romans d'Austen.

Jane Austen n'est pas la seule auteure à galérer : au Royaume-Uni, une étude récente portant sur les revenus des écrivains, en 2017, a révélé que le revenu médian s'établissait à 10.437 £ — ce qui, en tenant compte de l’inflation, montre une diminution de 15 % des ressources depuis 2013 et 42 % depuis 2005.

L'article complet de John Avery Jones sur ses recherches peut être lu à cette adresse.


Dossier : Fantastique et moderne, Jane Austen


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