Les livres pour enfants révolutionnaires de Vladimir Maïakovski

Antoine Oury - 14.04.2017

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Vladimir Vladimirovitch Maïakovski est principalement connu comme un poète, acteur central du mouvement futuriste et fameux révolutionnaire. Mais il fut aussi auteur de livres pour enfant, ce qui n'est pas incompatible avec ses autres occupations... L'Université de Princeton, qui conserve plus d'un millier de livres soviétiques destinés à la jeunesse, dont certains remontent au XVe siècle, permet de découvrir quelques-uns de ces ouvrages signés Maïakovski...

 

Extrait de Chto ni stranit︠s︡a to slon to lʹvit︠s︡a, 1928

 

« La collection et les fonds nécessaires à son entretien viennent de Lloyd Cotsen, ancien de Princeton, collectionneur et amateur de littérature jeunesse », rappelle Thomas Keenan, bibliothécaire spécialisé dans les productions d'Eurasie et d'Europe de l'Est, à propos de ce fonds exceptionnel conservé par l'Université de Princeton.


Parmi les ouvrages de la collection, 6 titres sont signés par Vladimir Maïakovski, qui signe le plus souvent les textes, mais se fend aussi d'illustrations et, bien entendu, de typographies personnalisées. Lui-même affichiste et peintre, il ne reculait pas devant l'illustration. 
 

Le premier ouvrage, Okti︠a︡brʹ 1917-1918 : geroi i zhertvy revoli︠u︡t︠s︡iĭ, publié en 1918, est assez direct dans son propos : il s'agit là de rendre hommage aux héros de la Révolution russe de février 1917 qui a mené à la prise de pouvoir bolchévique. Des textes courts, des portraits en pied : l'ambition propagandiste de l'ouvrage est explicite.
 



 
L'ouvrage suivant, publié en 1919, s'intitule Sovetskai︠a︡ azbuka. Il s'agit d'un alphabet soviétique, pour lequel Vladimir Maïakovski choisit une image pour chaque lettre. Sous les apparences inoffensives de l'album, on découvre une virulente critique du capitalisme et du tsar renversé quelques années auparavant...
 
 

Pour Chto takoe k︠h︡orosho i chto takoe plok︠h︡o, qui signifie « Qu'est-ce qui est bien, qu'est-ce qui est mal », Maïakovski privilégie un peu plus la narration. Publié en 1925, son ouvrage propose une liste de règles morales, mais aussi d'hygiène ou de savoir-vivre à destination des plus jeunes, en suivant le parcours d'un jeune garçon. Le livre est enrichi de lithographies réalisées par Maïakovski. 
 


 

La même année, Maïakovski publie Skazka o Pete Tolstom rebenke i o sime, kotoryi tonkiĭ, illustré par Nikolaĭ Nikolaevich Kuprei︠a︡nov. Ce conte pour enfants est lui aussi structuré par la doctrine bolchévique : Maïakovski y raconte l'histoire d'un petit garçon capitaliste qui mange tout sur son passage... jusqu'à ce qu'il éclate !
 

 

En 1928, Maïakovski travaille avec Kirill Zdanevich pour signer Chto ni stranit︠s︡a to slon to lʹvit︠s︡a, une série de petites histoires autour de différents animaux du zoo. Assez court, l'album fait la part belle à des mises en page audacieuses, où les textes en couleurs ont une place particulière.
 

Enfin, pour MI︠u︡D, dernier livre de Maïakovski dans la collection numérisée de l'université de Princeton, le poète se tourne à nouveau vers la défense et la célébration de la Révolution russe, à l'occasion d'un ouvrage célébrant Lénine et les jeunesses soviétiques. Les illustrations sont signées Vera Ivanova.