Les manuscrits de la médiathèque Voyelles contaminés par un champignon

Clément Solym - 19.09.2012

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Charleville-Mézières - Champignon - médiathèque Voyelles


Les manuscrits du fonds patrimonial de la médiathèque Voyelles à Charleville-Mézières, sont contaminés par le champignon mycélium. Il s'agit d'une moisissure bien connue des conservateurs du patrimoine. Ces ouvrages ont été placés dans un autoclave et une expertise est en cours afin de lancer prochainement des travaux dans la médiathèque, seule solution pour  éviter de nouvelles germinations.

 

Mushroms

Dj PiCo (CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

 

La section patrimoniale compte 4000 livres dont 430 manuscrits médiévaux, 200 incunables et près de 3 000 ouvrages éclectiques allant du XVIe au XIXe siècle. « Cela n'a aucun rapport avec la pollution de l'air, ce n'est pas le formaldéhyde qui a touché les ouvrages anciens, mais l'humidité », assure la directrice Catherine Borot, en poste depuis dix ans.

 

Elle précise bien que la présence du mycélium a été identifiée avant son arrivée, d'après lunion.presse.fr, contamination qui aurait été signalée auparavant par le laboratoire de la Bibliothèque Nationale de France, situé à Bussy-Saint-George. La raison pour laquelle les livres n'ont pas été traités avant échéance reste inconnue. Mais en novembre 2011, d'après le même journal de Champagne Ardenne et Picardie, la médiathèque avait connu un problème de pollution de l'air, contrainte de fermer ses portes au public en novembre et décembre, parce qu'une molécule cancérigène menaçait ses usagers et employés.

 

 « Les 430 manuscrits allant du XIe au XVe siècle ont été traités en urgence et placés dans un autoclave dans lequel un gaz est injecté pour tuer le champignon » comme l'explique Mme Borot. Deux convois ont été organisés, un troisième est en cours et un dernier sera ensuite effectué. Si on ne sait combien d'ouvrages sont touchés, le chiffre suivant est suffisamment parlant : « plus de 50 mètres cubes de documents ».

 

 Afin d'éviter de nouveaux dégâts, des travaux devraient suivre après l'expertise des locaux, « Nous avons actuellement une hydrométrie entre 50 % et 60 %, ce qui est encore trop pour stopper la germination du champignon. L'idéal serait de descendre à 40 % ». Quant à la section patrimoine, elle est fermée depuis deux ans, mais les usagers pouvaient jusqu'à maintenant accéder aux ouvrages sur demande. Le plus souvent une semaine avant, ou bien directement dans le bureau de la directrice, pour les manuscrits les plus précieux.

 

« Il fallait parfois se munir de masques pour aller les chercher sur les étagères » ajoute-t-elle, preuve que cette contamination est bien loin d'être une découverte et que la municipalité n'a pas réagi à temps. A sa décharge, le corps de bâtiment de Charleville n'est plus tout jeune, puisqu'il date du début du XIXe siècle posant de nombreuses difficultés pour d'éventuels réaménagements.