Les manuscrits de la Mer Morte livrent parmi leurs derniers secrets

Béatrice Courau - 27.01.2018

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La plupart des textes des manuscrits de Qumran sont d’ores et déjà restaurés et déchiffrés. Restaient toutefois de minuscules fragments dont une soixantaine vient d’être rassemblée et décryptés. Le département des études bibliques de l’université d’Haïfa, à la clef, a réalisé de nouvelles découvertes.

 

 

Image University of Haïfa



Rappelons que ces manuscrits furent découverts dans des grottes quasi inaccessibles surplombant la Mer Morte, entre 1947 et 1956. Ils sont actuellement dispersés entre différents musées, essentiellement entre Israël et la Jordanie, à laquelle appartenait cette région lors de la découverte.

 

Les chercheurs du département des études bibliques de l’université d’Haïfa sont parvenus à assembler et déchiffrer une soixantaine de fragments restés muets, jusque là épars et considérés comme appartenant à différents rouleaux.

 

Si la majeure partie de ces textes a été rédigée sur parchemin et papyrus en hébreu, araméen et en grec, certains ont été cryptés, et c’est cela même qui a guidé les chercheurs dans leur enquête.
 

En effet, le texte a été à l’évidence transcrit en langage codé, positionnant ainsi le scribe comme appartenant à une « élite ». Or, le scribe a commis des fautes et ce sont les corrections, les marginalia, apportées par un autre qui ont permis d’en déterminer l’unique origine, pour assembler et déchiffrer le texte.

 

Les fragments minuscules, pour certains inférieurs à 1 cm2, semblaient provenir de différents rouleaux. Après des années de patientes et laborieuses recherches, apparut un calendrier de 364 jours utilisé par les Esseniens (thèse la plus communément admise sur la secte étant à l’origine des manuscrits ), ainsi qu’un autre calendrier des fêtes et la découverte de la mention, pour la première fois, du nom donné par la secte aux jours spéciaux célébrant les transitions entre saisons.

 

Les manuscrits de Qumran numérisés
et disponibles en ligne

 

« Le calendrier lunaire, que le judaïsme suit encore aujourd’hui, nécessite un grand nombre de décisions humaines. Les gens doivent regarder les étoiles et la lune, rendre compte de leurs observations, et quelqu'un doit être habilité à décider du nouveau mois et de l'application des années bissextiles. En revanche, le calendrier de 364 jours était parfait. Parce que ce nombre peut être divisé par quatre et sept, les occasions spéciales tombent toujours le même jour. Cela évite de devoir décider, par exemple, de ce qui arrive quand une occasion particulière tombe le jour du sabbat, comme cela arrive souvent dans le calendrier lunaire. Le calendrier de Qumrân est perpétuel, et il semble avoir concrétisé la quête de perfection et de sainteté des membres de cette communauté » expliquent le Dr. Eshbal Ratson et le Professeur Jonathan Ben-Dov qui ont conduit ces recherches.

 


Image : University of Haïfa

 

Le rouleau détaille les dates les plus importantes dans le calendrier de la secte. Outre la fête de la moisson, il décrit deux occasions spéciales non mentionnées dans la Bible, mais qui sont déjà mentionnées dans le rouleau du Temple de Qumrân : les fêtes du Vin Nouveau et celle de l’Huile Nouvelle.

 

Ces dates suivent la fête de Chavouot tel que nous la connaissons aujourd'hui, qui célèbre la moisson. Selon le calendrier déchiffré, la fête de la moisson tombe 50 jours après le premier Sabbat suivant la Pâque; la fête du vin nouveau arrive 50 jours plus tard; et après un nouvel intervalle de 50 jours, la fête de l’huile nouvelle est célébrée.

 

Le parchemin réservait quelques autres surprises. Les chercheurs savaient, d'après les précédents documents étudiés, que les membres de la secte célébraient la transition entre les saisons, avec une journée spéciale pour chacun des quatre changements de saison. Jusqu'à présent, cependant, le nom de ces jours spéciaux demeurait inconnu.

Le rouleau révèle que ces jours étaient appelés Tekufah. Actuellement, ce terme signifie les quatre «piliers » de l’année que sont équinoxes et solstices. « Ce terme est familier de la littérature rabbinique tardive et des mosaïques datant de la période talmudique, et nous pouvons supposer qu’il a ce même sens dans les rouleaux, mais c'est la toute première fois qu'il est mentionné », expliquent les chercheurs.

 

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C’est désormais au tout dernier rouleau non déchiffré que s’attaquent chercheurs et étudiants. Notons enfin qu’une mission archéologique de l’Institut d’archéologie de l’université hébraïque de Jérusalem vient d’être dépêchée dans une grotte, où l’on a, en 2017, exhumé un nouveau rouleau.

 

Enigmes et découvertes en perspective…


 

Via University of Haïfa, département des recherches bibliques


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