Les poètes et l'épidémie : “Peste, que la peste est à craindre  !”

Auteur invité - 06.04.2020

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Dans l’histoire de l’Humanité, les épidémies balaient les continents, les villes, les campagnes. Les poètes n’échappent pas à ces fléaux qui éveillent les fantasmes. Les pandémies s’appellent la peste, le choléra, la tuberculose, ou encore la grippe espagnole. Dans les siècles, elles sont plus mortelles que la guerre.


Eugen Holländer, Die Karikatur und Satire in der Medizin
 
« À la merci du Ciel en ces rives je reste,
Où je souffre l’hiver froid à l’extrémité,
Lors que l’été revient, il m’apporte la peste.
 »
Prosopopée d’Ostende, François de Malherbe (1555-1628).


Les pandémies jouent avec la vie des hommes. En pleine Première Guerre mondiale, la grippe espagnole ravage la population, par vagues, que l’on soit roi, soldat, infirmière. Dans les morgues et les rues en Europe, en Amérique et en Asie, les cadavres s’amoncellent. Cette maladie est, par essence, poétique, car elle fait le visage tout bleu, une cyanose. Les victimes crachent du sang, comme les couleurs d’un tableau fauve ou expressionniste.

Blessé de guerre dans l’armée française, Guillaume Apollinaire a un remède de grand-mère, pour lutter contre cette maladie : « Plonger immédiatement le linge contaminé par les malades dans une eau très savonneuse qui sera ensuite portée à ébullition de façon à détruire les germes de la contagion. » Le 9 novembre 1918, le poète de la modernité jette son dernier souffle dans sa mansarde du 202, boulevard Saint-Germain, à l’âge de trente-huit ans. 

L’autre grand fléau de l’Humanité est la tuberculose, avant qu’Albert Calmette et Camille Guérin n’inventent, pour l’Institut Pasteur, une potion magique, que l’on connaît sous le nom de vaccin BCG. Certains poètes romantiques peuvent faire, de façon morbide, l’éloge de ce « mal du siècle ». L’Anglais John Keats et les Allemands, Friedrich von Schiller, Novalis et sa fiancée Sophie von Kühn, en meurent à la fleur de l’âge, l’un à Rome, l’autre à Weimar, le dernier à Weissenfels.

En France, la tuberculose fait son lit dans les poumons de poétesse. Thérèse de Lisieux expire le 30 septembre 1897 à l’infirmerie du carmel, à l’âge de vingt-quatre ans. Au seuil de l’agonie, la jeune femme s’écrit : « Jamais je n’aurais cru qu’il était possible de tant souffrir ! Jamais ! Jamais ! » Quelques années auparavant, sous la Troisième République, une autre poétesse Louisa Siefert, lyonnaise et protestante, s’éteint à trente-deux ans.

Au XIXe siècle, des poètes maudits, Jules Laforgue ou encore Aloysius Bertrand, sont, aussi, victimes de cette « peste blanche ». Dans un « paysage affligé de tuberculose », le poète « légendaire » quitte l’Impératrice à Berlin à la fin de l’été 1886. Après son mariage avec la jeune Anglaise Leah, le poète en meurt, le 20 août 1887, à l’âge de 27 ans. Jules Laforgue avoue à sa sœur Marie : « Ces trois mois de fièvre, ces journées au lit, ces quintes de toux, tout cela m’a assommé comme une pauvre bête. »

Le terrible mal atteint son épouse qui disparaît peu de temps après la mort de son mari. Avant de mourir à l’hôpital Necker le 29 avril 1841, Aloysius Bertrand peaufine son Gaspard de la nuit. Du fond de son lit, il déclare : « J’ai un pied et demi dans la fosse, mais je suis tranquille et résigné comme un malade. »


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L’autre grand fléau a pour nom le choléra. À Paris, l’été 1832 est particulièrement meurtrier. Alors qu’un drapeau noir flotte sur la statue d’Henri IV, le poète romantique Henri Heine écrit : « C’était un bourreau masqué qui marchait dans Paris, escorté d’une invisible guillotine. » À Marseille, porte du paradis et de l’enfer, le poète inconnu, André Thévenot, invoque le Seigneur, dans ses Méridionales, poésies intimes de 1835, face au « monstre de débauche » qui fait des « orphelins » et de « pauvres mères » :

« Priez, frères, priez Notre-Dame qui veille
De l’âme et du regard au-dessus de Marseille !
Priez, frères, priez et la nuit et le jour !
 »

Dans le sud de l’Italie, l’Allemand August von Platen fuit Naples. Il meurt à Syracuse, à l’âge de trente-neuf ans, alors que cette « peur bleue » fait des ravages à Berlin, à Vienne, à Londres.

Depuis la Rome antique, le plus grand des maux traverse toutes les civilisations. Dans ses « sonnets chrestiens », Jean Ogier de Gombaud l’atteste :

« Cette source de mort, cette homicide peste,
Ce Péché, dont l’Enfer a le monde infecté.
 »

Tant de poètes témoignent des ravages de cette « mort noire », du poète médiéval gallois, Dafydd ap Gwilym, à l’Américain Philip Freneau face à la peste de Philadelphie en 1793. Depuis le Moyen-âge disparaît toute une légion de poètes, en France, Gautier de Châtillon, en Italie, le Florentin Matteo Frescobaldi.

La « gentile, vertueuse & toute spirituelle » poétesse lyonnaise, Pernette de Guillet, meurt de la peste à l’âge de vingt-cinq ans, laissant quelques « rymes », de façon posthume. Dans cette pièce de circonstance, « le Grand Corneille » sonne le glas des funérailles :

« Peste, que la peste est à craindre ! »



Commentaires
HENRI PLAIE…



Quel farceur que cet Henri

C’est d’un seul œil qu’il sommeille

Toujours il réenchérit

Il nous épate on bégaye…



On est convaincu qu’il dort

Mais bondissant tel un diable

Il joue au puissant cador

Cela devient incroyable…



A sortir de son chapeau

Les mêmes blagues douteuses

Qu’il gardait comme en dépôt

Ne nous semblent pas juteuses…



Dans sa malice il est lourd

C’est bêtement qu’il insiste

Un peu noir est son humour

C’est un piètre fantaisiste…



Pas de renouvellement

Là c’est une épidémie

Qu’il nous sert banalement

D’une grande bonhomie…



Mais on avait oublié

Grande est alors la surprise

Il est tout émoustillé

Notre émotion le grise…



De tels maux semblaient passés

Finie est cette infortune

Le progrès -jamais assez-

Nous a conduits sur la lune…



Et voilà que tout d’un coup

Hier nous donne une claque

En replay dans un ‘coucou’

Soudainement il nous traque…



COLPIN Didier
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