Les professeurs coopèrent avec des robots, pour laisser les élèves s'exprimer

Camille Cornu - 22.01.2016

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - WriteLab - correction automatique - logiciel apprentissage écriture


Il a déjà été tenté d’utiliser des robots pour relire des copies d’élèves, mais seulement pour les noter vite et (pas forcément) bien, l’essentiel étant de débarrasser le professeur de sa pile de copies. Quid du progrès des élèves dans le processus de correction ? C’est surtout à ce point que s’attaque WriteLab, qui ne prétend noter personne, laissant toujours la fameuse tâche aux humains, mais guidant les étudiants dans leur processus d’écriture. 

 

Robot

Logan Ingalls, CC BY 2.0

 

 

Matthew Ramirez, désormais PDG de la startup WriteLab, s’était engagé dans un doctorat d’anglais à l’Université de California afin de mettre au point un robot capable de donner des conseils d’écriture. Avec Don McQuade, un de ses anciens professeurs, dont il appréciait particulièrement les retours, il a créé WriteLab, un « tuteur d’écriture » basé sur le web. 

 

Il ne s’agira pas pour ce robot de « noter », mais d’offrir des retours sur la forme. Déjà utilisé dans 50 lycée et collège, il fonctionne comme une plateforme sur laquelle les élèves viennent rédiger leurs devoirs. Pendant la correction, le logiciel les invite à se poser des questions sur les formulations employées : cette phrase serait-elle plus forte ou plus faible si vous enleviez cet adverbe ? Et si vous passiez de la voix passive à la voix active ?

 

Les conseils d’un professeur ne poussent pas forcément à se demander ce que l’on veut faire de sa propre écriture. Puisque c’est le professeur qui note, on se contente de s’y accorder, les systèmes de notation poussant plus à chercher à plaire qu’à s’interroger sur ce que l’on est en train de faire. Aucune phrase n’est jamais qualifiée de fausse ou juste, le but étant juste de pousser les élèves à s’interroger, à retravailler...

 

« Si vous dites à la plupart des lycéens qu’ils devraient faire un changement de formulation, ils vous le faire. Ils ne se demandent pas ce qu’eux veulent faire si cela déplaît à leur professeur. Mais avec les corrections, ils se sentent plus à l’aise », commente Ramirez.

 

Et heureusement, ils ont toujours le choix de refuser ou d’accepter les corrections proposées. Dans 25 % des cas, elles ont d’ailleurs été rejetées par les élèves. Et pour les professeurs, qui avaient accès à l’historique des modifications, il était particulièrement agréable de réaliser que leurs élèves ne leur rendaient pas une rédaction faite au hasard, mais s’étaient interrogés sur ce qu’ils faisaient.

 

Enfin, le logiciel s’améliore constamment, gardant en mémoire les réponses des étudiants afin de mieux cibler ses prochaines propositions. 

 

Cependant, la plupart des étudiants avaient demandé à abandonner l’utilisation de WriteLab au bout de quelques mois. Afin qu’ils y trouvent plus d’utilité, les concepteurs sont en train de s’atteler à l’agrémenter d’un puissant correcteur orthographique et grammatical. Et ils mettent au point un pilote appelé « Essay Builder », qui, encore une fois, procédera par questions pour attirer l’attention des élèves sur l’organisation de leur plan, la présentation de leurs arguments ou de leurs thèmes.