Les auteurs britanniques critiquent l'écriture 'trop complexe' enseignée aux enfants

Clémence Chouvelon - 24.06.2015

Patrimoine et éducation - A l'international - Royaume-Uni - éducation - écriture


Les programmes d'éducation nationaux anglais, qui préconisent aux enfants l'emploi d'un langage trop élaboré et fleuri, seraient néfastes pour la façon d'écrire des élèves et leur imagination. Un groupe d'auteurs s'apprête à écrire une lettre au ministère de l'Éducation pour rendre compte de ces pratiques d'apprentissage, considérées comme « particulièrement dommageables » pour les enfants. 

 

Children at school

(Lucélia Ribeiro CC BY-SA 2.0)

 

Parmi les auteurs signataires - près de 35 - de cette lettre qui sera adressée à la ministre Nicky Morgan, on retrouve Tanya Landman et Tim Bowler, distingués tous deux par la médaille Carnegie, ou Mary Hoffman (Stravaganza, Pocket jeunesse, 2002). Ils demandent au gouvernement de « rendre clair aux enseignants et évaluateurs, qu'un langage complexe, figuratif et des phrases compliquées doivent être utilisés par prudence, et toujours couplés à un style clair et fluide ».

 

Dès le primaire, les professeurs inciteraient les enfants à ne pas utiliser des mots simples, comme « bon », « mauvais », « petit » ou « grand », mais à trouver un équivalent plus élaboré, comme « merveilleux », « terrible », « minuscule » ou « énorme ». L'emploi de figures de style comme les métaphores, personnifications et autres subordonnées sont particulièrement encouragées, menant à un langage « trop élaboré, fleuri et trop complexe ».

 

Les enfants, à la suite de ces enseignements, ne seraient plus capables « de comprendre les nuances de leurs emplois, de réaliser que ces derniers sont rarement utilisés ». Des problèmes de style qui auraient des répercussions à l'âge adulte et à l'université. 

 

Cecilia Busby, auteur jeunesse de fantasy, explique que son inquiétude face à ces enseignements ont commencé lors d'une lecture de son roman Frogspell à une classe de primaire. Son personnage, Sir Bertram Pendragon, « est un chevalier bourru, avec une voix grave, une large moustache, et qui parfois apprécie de mettre une raclée à ses ennemis avec sa grosse épée ».

 

L'enseignant n'a pas tardé à l'interrompre, lui expliquant que le mot « gros » était l'un des « mots interdits » dans la salle de classe. « J'ai participé à un atelier d'écriture avec un groupe d'écoles locales, et les assistants ne cessent de demander aux enfants “peux-tu trouver un mot plus long ?”, “le dire d'une façon plus intéressante ?”, et il ne reste au final que cet affreux style ampoulé », explique-t-elle. 

 

(via The Guardian)


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