Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Les Sciences Po s'invitent à Poudlard, ou peut-être l'inverse

Julien Helmlinger - 05.09.2013

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Sciences Po - Enseignement - Harry Potter


Et si Poudlard était intimement lié à l'univers de la politique, comme semblait le laisser récemment imaginer David Cameron en annonçant qu'il se verrait bien lui-même dans la peau du gentil sorcier ? Un étonnant module d'enseignement électif est apparu comme par magie au programme SciencesPo 2013-2014, baptisé : Harry Potter de J. K. Rowling, approche littéraire, psychanalytique et politique. Celui-ci propose, exclusivement aux étudiants qui ont lu l'intégrale, de revenir en 24 heures de cours sur la série de best-sellers. 

 

 

 

 

La formation oubliera les films pour se concentrer sur l'oeuvre littéraire de Rowling qui a tellement été lue qu'elle doit avoir eu son impact non négligeable sur notre jeunesse. Contacté par ActuaLitté, l'enseignant et historien François Comba a expliqué ce choix de titre qui de prime abord pouvait nous étonner. Habitué à d'autres registres que la littérature jeunesse, il avait songé à proposer un cours sur Proust, un auteur d'ores et déjà grand classique, mais que des étudiants âgés de 19 ans risquent fort de méconnaître.

 

N'ayant pas échappé au battage médiatique autour de l'oeuvre phare de Rowling, il est finalement passé outre la mauvaise presse et s'est donné la peine de se mouiller dans le livre pour enfant. Au final, ce fut pour lui une bonne surprise, et un ouvrage non seulement digne d'intérêt, mais de surcroît bien connu des jeunes. Il nous a rappelé qu'avant d'être la coqueluche des ados, l'auteure est également une universitaire qui connaît ses classiques médiévaux comme Chrétien de Troyes, et surtout, posséderait un bagage certain dans le domaine de la psychologie.

 

Ainsi, sur le site de Sciences Po, le descriptif de la formation accorde à Harry Potter une écriture inventive et savante, appuyée sur de larges références culturelles « magistralement recyclées ». Une série que François Comba imagine bien finir labellisé Pléïade dans un futur lointain.

 

Sur le site internet sont évoqués notamment des emprunts à la psychanalyse, des leçons de vie, de morale personnelle comme d'éducation civique, à travers la critique des élites, mais encore des réflexions sur l'enseignement et la légitimité de l'action. L'étude du best-seller se veut donc sérieuse et devrait être mise en perspective par un lot de références aux classiques de la culture occidentale.

 

Mais également une étude participative, au cours de laquelle les étudiants seront amenés à se répartir une dizaine d'exposés, et remettre individuellement un écrit sur un thème littéraire, citations dûment référencées à l'appui. Plus d'informations à cette adresse.

 

Ci-dessous, pour l'hommage, Freddy Mercury qui fêterait aujourd'hui son 67e anniversaire, dressait déjà un certain parallèle entre l'élite et la magie... sur la BO du film Highlander. Et Poudlard tout comme le clan MacLeod, nous vient du côté des Highlands. Pourvu que les apprentis magiciens sachent garder la tête sur les épaules.

 

(édité à 19h13, pour précisions)