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Les sculptures antiques d'Henry de Montherlant aux enchères

Antoine Oury - 03.10.2017

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Henry de Montherlant - sculptures Henry de Montherlant - Henry de Montherlant enchères


La maison de vente aux enchères Artcurial vendra, le 7 novembre 2017, une collection de sculptures antiques greco-romaines. Ce qui fait la particularité de cette vente, c'est aussi l'ancien propriétaire des œuvres : il s'agit en effet de l'écrivain Henry de Montherlant, grand collectionneur qui avait d'ailleurs demandé à être enterré avec une de ses pièces.

 

Masque dit « de Conflans », art romain, I-IIe siècle, bronze, ancienne collection d'Henry de Montherlant
estimation : 150.000 € - 200.000 €

 

Le 7 novembre 2017, Artcurial organisera sa seconde vacation de l’année dédiée à l’Archéologie et aux Arts d’Orient. Cette vente sera emmenée par une collection d’antiques à la provenance prestigieuse : celle de l’écrivain français Henry de Montherlant (1895-1972). L’homme voyait dans l’Antiquité une culture et des valeurs proches de l’idéal dont il rêvait et qui irrigue son œuvre.

Elle s’incarnait pour lui dans ces sculptures antiques qu’il aimait collectionner. Romaines ou grecques, 38 d’entre elles seront proposées à la vente. Elles composaient le décor quotidien de son appartement parisien.

 

L’ensemble est ainsi composé de marbres gréco-romains, tels le Torse de Diane chasseresse (estimation : 200 000 - 300 000 €/220 000 – 330 000 $) ou une Grande tête de Déméter estimée 60 000 - 80 000 €/66 000 – 88 000 $, mais également d’importants bronzes de l’époque romaine à l’image d’un masque de militaire découvert à Conflans (estimation : 150 000 – 200 000 €/165 000 – 220 000 $).
 

« La dispersion de la collection d’Henry de Montherlant remet en lumière sa passion pour l’Antiquité, grâce notamment à des pièces majeures dont le masque en bronze de Conflans. En 1954, l’écrivain avait formulé le vœu d’être enterré avec ce masque. Le ministère des Affaires culturelles, ne lui a finalement pas accordé cette dernière volonté », rappelle Mathilde Neuve-Eglise, spécialiste, Département Archéologie & Arts d’Orient, Artcurial.

 

C'est à la lecture de Quo vadis ? d'Henryk Sienkiewicz qu'Henry de Montherlant a eu l'envie de devenir écrivain, selon ses propres dires. Dans les ouvrages de Plutarque et Nietszche, il trouve d'autres éléments pour nourrir ce qui deviendra bientôt son idéal antique. Installé à Paris, il avait fait de son appartement un musée, selon les témoins.

 

Un exemplaire rare de Du côté de chez Swann aux enchères à Sotheby's


Parmi les pièces notables de sa collection, le Torse de Diane chasseresse, estimé entre 200.000 et 300.000 €, la Tête de femme, entre 40.000 et 50.000 € ou encore le Masque dit « de Conflans », avec lequel Montherlant souhaitait être enterré, posé sur son visage. Des archéologues lorrains s'étaient mobilisés contre ce geste, à son suicide en 1972, pour préserver cette découverte réalisée en Meurthe-et-Moselle en 1908.

 

La collection comprend également un carreau de revêtement à inscription kufique, datant du premier quart du XIIIe siècle et ayant appartenu à Hakky Bey, estimé entre 14.000 et 16.000 €. Par ailleurs, la vacation proposera des verres et des bronzes antiques provenant de la collection Shlomo Moussaieff.