Les secrets du manuscrit de Voynich enfin dévoilés ?

Cécile Mazin - 16.05.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - manuscrit - mystère - voynich


Objet de multiples spéculations et hypothèses depuis fort longtemps, le manuscrit de Voynich a résisté aux assauts des cryptographes, linguistes et autres amateurs d’énigmes du monde entier.  Mais un chercheur de l’Université de Bristol du nom de Gerard Sheshire vient, à son tour, de publier un article dans la revue Romance Studies, où il explique avoir levé le mystère et identifié l’écriture et la langue utilisées.  




Il s’agirait selon le chercheur d’une langue proto-romane, sorte de chaînon manquant entre le latin et les langues romanes que nous connaissons aujourd’hui (le français, l’espagnol, le portugais, l’italien etc.). Cette langue vernaculaire était selon lui en vigueur dans le bassin Méditerranée au Moyen-Âge, avant de progressivement disparaître, sans laisser de trace, les documents écrits officiels étant en latin. 

De fait, l’alphabet utilisé dans le manuscrit de Voynich regroupe des symboles connus et d’autres inconnus, qui avaient laissé les scientifiques dans l’embarras, suscitant de nombreuses théories. Récemment encore, des chercheurs turcs affirmaient que le texte était en réalité une transcription phonétique du turc.

Avant cela, il avait été question de sino-tibétain, d’arabe ou d’hébreu ancien, comme ActuaLitté l’expliquait dans un précédent article. Tout ce que l’on savait, grâce à une datation au carbone 14, c’est que le texte datait du quinzième siècle. 

Gerard Sheshire va jusqu’à révéler une partie du contenu du manuscrit. Dans son article, le chercheur écrit : « Les traductions révèlent que le manuscrit est une somme d’informations sur les remèdes à base de plantes, les bains thérapeutiques et l’astrologie (…). Le manuscrit a été compilé par une dominicaine comme ouvrage de référence pour la cour royale à laquelle son monastère était rattaché ». En l'occurrence, Marie de Castille, reine d’Aragon de 1416 à 1458. 

Cette découverte devrait permettre aux chercheurs qui le souhaitent de se pencher plus en détail sur le texte de 200 pages et son contenu. C’est en tout cas tout le mal qu’on leur souhaite.  

 

Mise à jour 17/05 - 12 h 53 


Évidemment, les contradicteurs n’ont pas traîné : outre ceux qui défendent l’idée bec et ongle que le manuscrit est juste un canular, malgré la datation au carbone 14, le scepticisme quant à ces nouvelles révélations est de mise. Des experts médiévaux déconstruisent la théorie, sans frémir. 

« Navrée, mais la langue proto-romane n’existe pas », indique la Dr Lisa Fragin Davis, directrice de la Medieval Academy of American. Et d’évoquer « un non-sens ».

Kate Wiles, médiéviste et linguiste rappelle qu’une nouvelle théorie sur le Voynich débarque tous les six mois en moyenne — avec déjà deux approches totalement différentes au cours de l’année passée, indique le Guardian.

Pour ce qui est de la version de Cheshire, « elle prend des libertés avec notre compréhension du fonctionnement des langues », estime-t-elle. « Il plaide pour un langage construit avec des mots tirés de différents lieux et époques, mais en soi, cela ne façonne pas quelque chose qui soit convaincant en tant que langage exploitable. »

Les mystères ont la peau dure…


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