Les socialistes préfèrent Jamel Debbouze au latin, selon Rama Yade

Clémence Chouvelon - 24.04.2015

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Rama Yade - Jamel Debbouze - Réforme collège


L'ancienne ministre Rama Yade (UDI) a accusé les socialistes de « préférer Jamel Debbouze » à l'apprentissage du latin, en référence à la réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem et la volonté de Manuel Valls d'introduire des cours d'improvisation théâtrale dans les lycées. Le Premier ministre l'envisageait en effet, et la ministre de l'Educ nat souhaitait « intégrer, dans nos écoles, l'art de l'improvisation que porte Jamel Debbouze ».

 

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(cyberien 94 CC BY-ND 2.0)

 

 

Najat Vallaud-Belkacem avait exprimé une belle déclaration d'amour, en parlant de Jamel : « C'est quelqu'un pour qui j'ai beaucoup d'admiration (…). De ce fait, il peut avoir une parole auprès des jeunes qui porte, parce que c'est quelqu'un de très engagé qui ne s'en est jamais simplement tenu à son rôle d'humoriste, mais qui est capable d'avoir une parole forte sur des sujets de société (…) L'improvisation est une façon d'apprendre à vivre ensemble. »

 

Interrogée par Radio Sud sur la réforme des collèges, Rama Yade a tenu à défendre le latin, « moyen d'aller aux sources de la langue, d'une civilisation, d'une culture », taclant au passage la ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem : « On est arrivé à un moment où l'école, vecteur principal en France de l'ascenseur social, ne fonctionne pas. Et Mme Vallaud-Belkacem fait tout ce qu'il faut faire pour empirer la situation. »

 

« Alors qu'on attend depuis tellement longtemps une réforme du collège, je trouve que sa réforme, inspirée des expériences pédagogiques les plus hasardeuses, est ce qu'il y a de pire en matière éducative. C'est vraiment terrible. »  

 

En réponse au désir du Premier ministre Manuel Valls de proposer dans les lycées des cours d'improvisation théâtrale, elle ajoute : « On préfère Jamel Debbouze comme on a préféré le rap, les cultures de la rue qu'on a promues comme étant les lieux du savoir. C'est sidérant »

 

Najat Vallaud-Belkacem a quant à elle tenu à rassurer les députés, assurant que le latin et le grec ancien ne disparaîtraient pas avec la réforme du collège : « cet enseignement pratique interdisciplinaire, je vous confirme qu'il aura le même nombre d'heures que peut avoir aujourd'hui l'option existante, donc les élèves n'y perdent rien. »  (via BFM TV)