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Les splendides affiches de Saul Bass pour le cinéma

Antoine Oury - 25.04.2017

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Saul Bass affiches - Saul Bass cinéma - Saul Bass poster


Si vous n'avez jamais croisé une de ses affiches, vous avez sans aucun doute posé les yeux sur un graphisme inspiré par les œuvres de Saul Bass, graphiste américain qui a visuellement révolutionné l'art de l'affiche et du générique au cinéma. Petit tour au sein de sa collection...

 

Affiches de The Shining (1980) et Vertigo (1958)
 


Si les affiches de Saul Bass sont aujourd'hui l'incarnation même d'un cinéma américain fait de chefs-d’œuvre internationaux, le graphiste formé à l'Art Students League de New York se passionne d'abord pour les théories du Bauhaus et du constructivisme russe. Il en conservera le goût pour les couleurs tranchées et peu nombreuses (noir, rouge et blanc, principalement), ainsi que l'efficacité redoutable du minimalisme.

 

C'est avec Otto Preminger que Saul Bass déploie tout son art : il signe l'affiche pour La Lune était bleue, en 1953, puis Carmen Jones, l'année suivante, mais c'est L'Homme au bras d'or, en 1955, qui permet à Saul Bass de se faire un nom à Hollywood. Il réalise en effet le générique du film de Preminger, et les quelques bandes animées qu'il insère suffisent à dynamiser le tout.




 

Après ses collaborations avec Preminger, tout le monde s'arrache Saul Bass à Hollywood : il signe les affiches des blockbusters de l'époque, comme Ariane (1957) de Billy Wilder, avec Audrey Hepburn et Gary Cooper, tout en poursuivant son travail avec le réalisateur autrichien pour ses films suivants, dont Bonjour Tristesse, adaptation du roman de Françoise Sagan.

 

Alfred Hitchcock cède à son tour au talent de Saul Bass avec Vertigo (Sueurs froides, 1958), puis La Mort aux Trousses (1959) et Psychose (1960). Pour chacun des films, Bass créé des génériques animés qui démontrent toute sa maîtrise des couleurs et de la typographie. 




 

Bass travaillera tout au long de sa carrière avec Preminger, mais aussi avec John Frankenheimer et, à la fin de sa vie, avec Martin Scorsese, pour lequel il signera notamment le générique de Casino, qui montre bien l'évolution de son graphisme.

 

Aujourd'hui, ce sont surtout les génériques animés et les affiches dessinées, aux couleurs franches, qui restent dans les mémoires : Attrape-moi si tu peux, de Steven Spielberg, proposait ainsi un générique à la Saul Bass, sans Saul Bass... De nombreux auteurs de bandes dessinées, par ailleurs, ont en tête les compositions du graphiste américain, comme le dessinateur Brüno, qui lui avait rendu hommage, avec Fabien Nury, dans Tyler Cross (Dargaud).