Livre scolaire en ligne : pas d'influence sur les ventes d'imprimé ?

Clément Solym - 17.09.2009

Patrimoine et éducation - A l'international - livre - scolaire - ligne


Chris Anderson fait fureur avec Free, son ouvrage expliquant en somme que l'on peut gagner de l'argent avec des services gratuits. Le rédacteur en chef de Wired Magazine, plaide en faveur du gratuit, donc, et une étude novatrice tend à montrer que Chris a mis au plus juste.

Une étude contestée par les éditeurs

Dans le domaine des manuels scolaires numériques, la gratuité et la mise en ligne n'auraient aucun impact sur les ventes, mais le PDG de Palgrave Macmillan, Dominic Knight, conteste fermement cette optique. Le constat réalisé par la maison est tout le contraire de ce que l'étude affirme : il est certain que les ventes chutent, ne serait-ce que pour l'un des titres du catalogue.

Nielsen BookScan, qui a servi de référence pour cette étude, fait état que les ventes des éditions imprimées de 36 titres, examinés à travers 127 universités du Royaume-Uni, entre novembre 2007 et décembre 2008, ont chuté de 18,7 % pour la période de 2006 à 2007, mais de 13,7 % pour 2007/2008. Donc en somme, quand les livres ont été mis en ligne, les ventes d'imprimé ont moins chuté.

Prix de vente en hausse...

Ainsi, l'auteur de l'étude, Ian Rowlands, co-auteur du rapport, l'affirme : on ne trouve aucune corrélation entre les ventes de livres imprimés et le téléchargement d'ebooks. Problème, explique M. Knight : les extraits d'ebooks mis en ligne étaient très faibles et forcément, leur influence est négligeable. « La question majeure est que les manuels scolaires sont achetés par des millions d'étudiants », et bilan des courses, si l'on achète un livre unique pour tout le réseau des étudiants, alors la bibliothèque aura à payer très cher cet ouvrage unique.

Selon les utilisations faites et constatées, les textes mis en ligne été plus souvent lus et non pas téléchargés, et l'usage essentiel était le copier-coller de quelques passages, ou de simples citations. Une simplification de l'usage pour les étudiants, note Sue McKnight, directeur de la bibliothèque à l'université de Nottingham Trent. « Nous avons besoin de parler avec les éditeurs de ce que nos usagers attendent. Si nous rendons tout cela trop complexe, ils iront sur le net et sa gratuité. »

L'étude conclut qu'un standard doit être trouvé, ainsi que des accords de licence et surtout des fichiers bien conçus. De même, la gestion des droits numériques doit répondre à un certain bon sens.