Louisiane : Hippies et dragons au programme des manuels scolaires

- 14.03.2013

Patrimoine et éducation - A l'international - diable - louisiane - manuels scolaires


Les écoliers de Louisiane devaient expérimenter un système d'aide favorisant l'entrée des plus démunis dans des institutions privées, des écoles privées religieuses, souvent catholiques, traditionnellement synonymes de sérieux, à tort ou à raison. En décembre dernier, ce « voucher program » a été rendu inconstitutionnel au motif que son financement n'était destiné qu'aux établissements publics.

 

Les enfants les moins chanceux devront donc se contenter du programme des écoles publiques, mais est-ce vraiment un mal ? Sur la centaine d'écoles privées concernées, la plupart à caractère religieux, 19 insèrent dans leurs manuels des enseignements dignes d'un autre âge, ont exhumé plusieurs sites. Outre les classiques « preuves » créationnistes qu'hommes et dinosaures ont coexisté paisiblement, certains manuels vont très loin dans la réécriture partisane de l'histoire.

 

Anosmia (CC BY-SA 2.0)

 

 

Si les dinosaures ont bien vécu à des milliers d'années d'écart de l'espèce humaine, certains ont pu cracher le feu grâce à « de grandes chambres vides » dans le crâne. Et le dragon d'investir les livres d'histoire. Plus contestable encore, les persécutions sur les Amérindiens ont participé au plan divin d'étendre l'Évangile chez les autochtones, peut-on lire dans America : Land that I Love.

 

Une bienveillance fondamentaliste, « qui aime bien châtie bien » qui ne souffre pas de maltraitance envers les esclaves. « Les exemples d'esclaves battus à mort ne furent pas répandus, ni ignorés. La majorité des propriétaires traitaient leurs esclaves », relate sans nuance ni preuve United States History for Christian Schools, 2 ed.

 

Mais aussi à quel point les hippies ont pu se révéler « sales », « immoraux » et « mal éduqués » quand ils ne faisaient pas leur possible pour échapper au service militaire. L'occasion recycler les vieux poncifs des groupes de rocks adorateurs de Satan ou des dangereuses sectes orientales. Et de tacler des auteurs anticonformistes comme Emily Dickinson ou Mark Twain.

 

L'auteur aux nombreuses citations comiques voit son oeuvre jugée « égocentrique et désespérée », une démarche clairement en opposition à une recherche de la vérité honnête, comprendre la foi chrétienne. Un vrai rebelle en somme. Pour ce dernier point, on ne saurait que leur donner raison.