Luc Chatel réinvente la morale à l'école, sans 'carcans'

Clément Solym - 31.08.2011

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - luc - chatel - leçons


Luc Chatel, ministre de l’Éducation, souhaite réinstaurer des leçons de morales à l’école primaire. Dans un entretien accordé au Le Parisien publiée ce matin, le ministre l’affirme haut et fort : « Oui, je fais revenir la morale à l’école. » Il annonce au passage qu’une circulaire devrait sortir dès demain pour informer toutes les classes de primaire.

« Pas forcément tous les matins, mais le plus régulièrement possible, le maître va maintenant consacrer quelques minutes à un petit débat philosophique, à un échange sur la morale. Le vrai/le faux, le respect des règles, le courage, la franchise, le droit à l’intimité… »


Sur la méthode ou les consignes imposées, Luc Chatel reste vague, expliquant qu’il ne fixe pas de « carcans », le but est avant tout de transmettre des valeurs et le professeur sera libre de le faire comme il le souhaite.

« L’école, c’est le lieu de la tolérance, du respect. À l’école, on n’apprend pas que des contenus de programme, mais aussi un comportement, et cela doit nous servir tout au long de la vie. », a conclu le ministre.

En théorie, l’idée semble intéressante. Attention toutefois à ne pas laisser place à certaines dérives, dans ces temps de réflexions libres, où le professeur devra transmettre des valeurs morales. Sans plus de définition, ce seront ses propres valeurs et sa propre vision de la morale. Très subjectif la morale... On voit déjà les débordements sur des discussions politiques ou religieuses. Mes pauvres enfants...

On y apprendra le sens des priorités

Quand on lui demande pourquoi des leçons de morale et pas des postes supplémentaires, des classes moins nombreuses ou des remplacements assurés lors des absences, Monsieur le ministre répond — un peu à côté de la question — que la France attache beaucoup d’importance à l’éducation, la preuve en chiffres.

« La France consacre 21 % de son budget à l’Éducation. C’est plus que beaucoup d’autres pays qui réussissent pourtant mieux que nous dans ce domaine. En trente ans, le budget par élève a augmenté de 80 %. Contrairement aux idées reçues, les moyens sont là ! Mais justement, ce n’est plus le seul problème. Le défi de l’école aujourd’hui, c’est moins celui de la quantité que de la qualité. »


Alors avec moins de profs, mais plus de morale. Tout ira bien dans la meilleure des écoles cette année. D’ailleurs, Chatel l’a dit : « Mon rôle, c’est d’amortir le stress. Comme ministre et comme papa. » On peut se détendre, papa est là...