Lutte contre les extrêmes, patrimoine numérique : les Pays-Bas à la tête de l'UE

Antoine Oury - 15.01.2016

Patrimoine et éducation - A l'international - Pays-Bas Union européenne - patrimoine numérique Europeana


Le 1er janvier 2016, les Pays-Bas ont pris la tête du Conseil de l'Union européenne, succédant ainsi au Luxembourg. Le drapeau néerlandais flottera jusqu'au 30 juin 2016, et la présidence a précisé qu'elle voulait « une Union européenne qui se concentre sur ce qui importe aux citoyens et aux entreprises, une union qui créé croissance et emplois à travers l'innovation et qui est proche de la société civile ». Au rayon culture, les Pays-Bas se concentreront notamment sur le patrimoine numérique et la lutte contre les extrêmes.

 

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Le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas (Ministerie van Buitenlandse Zaken, CC BY-SA 2.0)

 

 

Les Pays-Bas ont annoncé quatre axes principaux pour leurs actions, au cours des 6 prochains mois :

 

  • migration et sûreté internationale
  • des finances saines et une zone euro solide
  • une Europe innovatrice et créatrice d'emplois
  • une politique climatique et énergétique tournée vers l'avenir

 

Le programme des Pays-Bas se présente dans un document de 22 pages : parmi les secteurs abordés, celui de l'éducation, pour lequel l'action du Conseil se concentrera sur sa modernisation. « La Commission européenne a annoncé un nouvel Agenda Compétences dans son plan de travail pour 2016. Le nouveau programme, qui sera examiné par le Conseil, fera la promotion de l'investissement dans le développement des compétences, afin que les travailleurs soient mieux équipés pour faire face à un marché du travail et une société en évolution », décrit le programme du Conseil.

 

Pour la culture, les médias et les industries créatives, plus spécifiquement, les Pays-Bas se tourneront cette fois vers le passé : la présidence « s'efforcera de susciter un débat et de proposer les conclusions du Conseil sur l'infrastructure et les plateformes nécessaires au patrimoine numérique de l'Europe (comme Europeana, la référence numérique des institutions culturelles et académiques européennes) ».

 

Concernant le marché unique numérique, les Pays-Bas se concentreront visiblement sur l'audiovisuel européen. Ce qui ne manquera pas de faire pousser quelques soupirs de soulagement, notamment du côté des détracteurs de la réforme européenne du droit d'auteur : le gouvernement néerlandais est en effet un partisan déclaré de l'open access, et des tribunaux du pays ont défendu le principe d'un marché d'occasion pour les livres numériques.

 

Enfin, la présidence des Pays-Bas annonce une action particulière pour donner à la culture et à l'éducation un rôle « dans l'accueil et l'intégration des migrants », mais aussi dans « la lutte contre la radicalisation des jeunes », terme qui recouvre à la fois l'islamisme radical et les mouvements d'extrême droite.

 

Pour rappel :

 

La présidence du Conseil de l'Union européenne, ou couramment présidence de l'Union européenne, est une présidence tournante du Conseil de l'Union européenne (ou Conseil des ministres). La présidence du Conseil n'est pas détenue par un président unique mais est exercée par le gouvernement de l'État membre dans son ensemble. Les présidences se présentent sous la forme de « triplet », c'est-à-dire que celles-ci sont liées par un programme commun pour permettre de maintenir la continuité de l'action politique.

 

L'article 16(9) du traité sur l'Union européenne dispose : « La présidence des formations du Conseil, à l'exception de celle des affaires étrangères, est assurée par les représentants des États membres au Conseil selon un système de rotation égale, dans les conditions fixées conformément à l'article 236 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Lors d'un conseil des ministres des Affaires étrangères la présidence sera effectuée par le Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. » (voir Wikipédia)