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Madame de Staël, nouvelle femme publiée à la Pléiade

Elodie Pinguet - 19.04.2017

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Bibliothèque la Pléiade - Madame de Staël - femme La Pléiade


Le 20 avril, l’auteure Madame de Staël fera son entrée à la bibliothèque de La Pléiade chez Gallimard, 200 ans après sa mort, annonce l'AFP. Une place de choix pour une femme d’exception qui a su s’imposer comme la fille des Lumières, très impliquée dans la destinée des femmes.

 

Madame de Staël, nouvelle femme publiée à la Pléiade

Domaine Public, portrait par François Gérard
 

Germaine de Staël, dite Madame de Staël, va rejoindre le cercle très fermé des femmes publiées à la Pléiade, à savoir Jane Austen, Thérèse d’Avila, les soeurs Brontë, Colette, Marguerite Duras, Madame de Lafayette, George Sand, Nathalie Sarraute, Madame de Sévigné, Virginia Woolf et Marguerite Yourcenar.

 

Fille de Jacques Necker, ministre de Louis XVI, elle grandit au milieu du salon tenu par sa mère Suzanne Curchod. Elle intègre donc très tôt le monde des Lettres où elle croise des grandes pointures comme Diderot, D’Alembert et Buffon. Inspirée, elle consacrera son premier livre à Rousseau en 1788.

 

Pour Catriona Seth, universitaire spécialiste du siècle des Lumières, son existence « ne ressemble en rien à ce qu’a dû être le quotidien de la plupart de ses contemporaines ». Madame de Staël a pour objectif de faire connaître ses écrits et être jugée pour, plutôt qu'acquérir une certaine forme de célébrité par le biais de ses parents. Qualifiée de femme libre et indépendante, elle espère « un avenir plus juste » pour les femmes.

 

Femme de la Révolution, elle s’y implique et « côtoie le pouvoir, influence des décisions et prend part, dans l’ombre, aux intrigues ». Dans son roman Delphine, elle marque « le deuil de la société idéale qu’elle a entrevue au début de la Révolution ».

 

Madame de Staël n’est pas une femme qu’on pourrait qualifier de féministe, mais fait tout de même référence au fait que l’ordre social est « tout entier armé contre une femme qui veut s’élever à la hauteur de la réputation des hommes » dans son roman De la Littérature.
 

 

L’ouvrage de la Pléiade contiendra trois grandes oeuvres de l’auteure : De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales, Delphine et Corinne ou l’Italie. Doté de 1700 pages, l’ouvrage sera vendu au prix de 65 euros jusqu’au 31 décembre.

 

Cette parution est l’occasion pour la bibliothèque de la Pléiade de rééditer l’ouvrage sur Benjamin Constant, qui a été un amant de Madame de Staël. Le livre qui lui a été consacré avait été publié en 1957.

 

Le 14 juillet 2017 marquera les 200 ans de sa disparition et selon Catriona Seth, une femme qui a « osé tenir tête à tous les abus de pouvoir et refusé de se taire devrait susciter notre respect ».