Maison de l'Histoire de France : un projet "mou et embarrassé" pour Aillagon

Clément Solym - 25.11.2011

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Dans son livre Versailles en 50 dates, Jean-Jacques Aillagon, qui fut à la tête du château de Versailles de 2007 à 2011, n'y va pas de main morte avec le projet de la Maison de l'histoire de France, amorcé par Nicolas Sarkozy en 2007, et dont la décision de création fut officiellement annoncée en 2009.

 

La maison, dont l'ouverture est prévue pour 2015, se situera a Paris aux côtés des Archives nationales. Un choix qu'Aillagon déplore dans sa préface, alors que le premier musée de l'Histoire de France fut inauguré par Louis-Philippe àVersailles.

 

 

« On aimerait qu'avec sagesse l'Etat sache reconsidérer, en temps voulu, la mise en oeuvre d'un petit projet qui ne saurait satisfaire une grande idée. » ajoutant que la Maison « a été bizarrement installé au coeur du quadrilatère des Archives nationales à Paris, sans doute pour donner le sentiment que tout en ne faisant pas grand-chose, on n'avait tout de même pas renoncé à faire quelque chose. »

 

Par aileurs, Jean-Jacques Aillagon qualifie le projet de « fragile et contesté » et « issu d'un empilement de comités, de commissions et de rapports ». Interrogé par l'AFP, il déclare : « Ce projet est devenu mou et embarrassé.»

 

Pour l'ancien professeur d'histoire, « Versailles mériterait qu'on s'intéresse de nouveau à sa vocation presque bicentenaire de musée de l'histoire de France ».  

 

Historique de la maison de l'Histoire

 

En septembre 2010, statuant sur l'endroit où serait installée la Maison, Nicolas Sarkozy avait déclaré : « Nous avons décidé de retenir comme siège de cette nouvelle institution le site des Archives nationales, grand quadrilatère regroupant au coeur de Paris les hôtels de Soubise et de Rohan autour de grands jardins ». Et d'ajouter qu'elle « s'incarnera dans un réseau de musées » qui seront « le premier cercle d'un réseau appelé à tisser des liens avec les mille musées d'histoire éparpillés sur tout le territoire ».

 

Une histoire d'emplacement qui aura fini par coûter sa place à Isabelle Neuschwander, remplacée à la direction des Archives, par Agnès Magnien, et coûté cher à des responsables syndicaux, opposés au projet.