Manticore, basilic... Le bestiaire fantastique du Moyen-Âge

Louis Mallié - 18.06.2014

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Moyen-Age - créatures fantastiques - British Library


Le département d'histoire de la British Library s'est amusé à compiler une série d'images tirées des manuscrits médiévaux de l'institution. Objet de la petite anthologie ? Les créatures fantastiques qui étaient alors légion dans l'imaginaire populaire...

 

 

Une manticore, supposée plus cruelle des créatures sur terre...

 

 

Le site est l'occasion de découvrir un large bestiaire original aujourd'hui méconnu. Ainsi, la manticore, représentée ci-dessus :  décrite au XIIIème siècle par le franciscain Bartholomeus Angelicus comme « de tous les animaux du monde, le plus cruel », elle posséderait le corps d'un lion et… la tête d'un homme. Entre autres attributs, elle serait également doté de trois rangées de dents, et de la queue d'un scorpion. Extrêmement agile, elle peut faire de grands bonds, et naturellement « est friande de chair humaine ».

 

Tout aussi dangereux que célèbre, on retrouve par ailleurs de nombreuses représentations du basilic. Mais celui-ci possède à vrai dire bien peu de traits communs avec celui qu'on a pu voir dans Harry Potter et la chambre des secrets... 

 

 

 La belette, le basilic et sa victime

 

 

Considéré comme « le roi des rampants », il est particulièrement dangereux : son odeur est si âpre qu'elle peut détruire qui la sent, et son regard si terrible qu'il cause la mort de celui qui le croise... Seule la belette serait insensible à ses attributs, et aurait donc le pouvoir de le traquer jusqu'à son repère pour le dévorer !

 

Pour autant, on ne trouve heureusement pas que des monstres sanguinaires. Ainsi en est-il du leucrota animal possédant certaines caractéristiques du cerf, mêlées à la poitrine et les jambes d'un lion. Célèbre pour son sourire sympathique, il est capable d'imiter les sons de la voix humaine.

 

 

Un leucrota 

 

 

Et enfin, celui qui mériterait la palme d'or de l'originalité, le bonnacon. Il ne faut pas se fier à son apparence quasi normale de boeuf à corne de bouc. Car vivant « quelque part en Asie », il possède la grande originalité de se défendre en envoyant des décharges de déjections empoisonnées sur ses agresseurs...

 

 

Un bonnacon traqué se défend... 

 

 

Pour ceux qui souhaiteraient découvrir plus de créatures étranges, la British Library a lancé un fil Twitter sur lequel elle publie les nombreuses excentricités découvertes dans les manuscrits. À découvrir notamment : quelques représentations aujourd'hui amusantes du diable, ou encore de monstres asiatiques...