Manuels numériques à l'école : un accord à 64,5 millions $ entre New York et Amazon

Clément Solym - 25.03.2016

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En juillet 2015, la ville de New York et Amazon signaient un accord pour 30 millions $. Le cybermarchand allait ainsi fournir 1800 écoles publiques de la Big Apple, pour une période de trois années. Un monopole qui fit rapidement grincer des dents, et entraîna plusieurs plaintes – dont celle de l’association nationale des aveugles. L’affaire tourna au vinaigre, mais un revirement vient de se produire. 

 

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Thomash Denevishek, CC BY 2.0

 

 

« Malgré les demandes répétées de la Fédération et d’autres organisations, Amazon a passé la plus grande partie de la dernière décennie à produire des dispositifs, des plateformes et des ebooks qui sont absolument inaccessibles ou peu accessibles aux aveugles et aux utilisateurs handicapés, qui ne peuvent passer que par le text-to-speech et/ou par braille », écrivait la Fédération, aux autorités municipales. 

 

Le système propriétaire était la principale cause de nuisance. Pourquoi revenir alors avec les mêmes acteurs et la même offre ?

 

Le Department of Education new-yorkais a en effet réintroduit le contrat de 30 millions $, une dépense toujours aussi importante. La ville renoue avec des conditions contractuelles révisées en regard de celles qui avaient provoqué la colère des organisations l’année passée. Le contrat reste de 30 millions $, avec une option de renouvellement de 34,5 millions $ pour deux ans.

 

Dans ses arguments en faveur de l’option manuels numériques, le DoE argue encore une fois du manque d’espace pour le stockage, ou encore de la détérioration et de la perte des livres. Il est malheureusement à craindre qu’une tablette cassée soit plus coûteuse que le remplacement d’un ouvrage imprimé. 

 

Cette fois, Amazon ne facturera pas la ville pour la création du marché et percevra entre 10 et 15 % de commission sur les contenus. Une réunion doit intervenir le 20 avril prochain pour valider l’accord, et le marché s’établira donc sur 3 + 2 années, à compter de cet automne. Pour un montant global de 64,5 millions $ en cas de renouvellement, donc. Financièrement, ce sont donc exactement les mêmes conditions commerciales que l'accord de juillet 2015.

 

Des efforts, au moins dans la concertation

 

Un outil servira alors de support à tout cela : la plateforme éducative Whispercast développée par Amazon. Cette dernière permettra au professeur de centraliser et gérer le contenu sur tous les appareils de l’école. L'application aurait été mise à jour, pour plus d’efficacité, avec une meilleure licence, plus d’options, et permettrait d’acheter applications et ebooks en toute facilité afin de les rendre accessibles à distance. Un réel outil de gestion et de distribution de contenu après des élèves, à destination des professeurs.

 

Un porte-parole du ministère de l’Éducation assure que les conditions de fonctionnement ont été révisées pour mieux prendre en compte les élèves aveugles et malvoyants. En outre, National Federation of the Blind a été intégrée dans les échanges. Pour New York, cet accord avec un revendeur permettra par ailleurs d’éviter qu’un éditeur scolaire unique ne prenne possession du tout le secteur. 

 

Les contenus seront par ailleurs disponibles sur différents types d’appareils insiste-t-on – logique, puisque le système d’application permettra de lire les formats propriétaires quelle que soit la tablette ou le smartphone. « Notre évaluation a également constaté qu’Amazon dispose d’un large catalogue, et particulièrement solide en matière de livres numériques », assure le DoE. 

 

Corrine Rello-Anselmi, députée en charge de l’Éducation, espère que le Panel for Educational Policy, qui s’exprimera le 20 avril, sera convaincu par les mesures prises. « Le ministère est heureux d'avoir associé autour de la table Amazon et la Fédération nationale des aveugles, pour trouver un accord permettant d’améliorer l’accessibilité des livres numériques pour les étudiants handicapés », précise-t-elle.

 

(via Capital New York, Ed Week)