Rentrée littéraire : La fashion week des libraires


Cengage, McGraw-Hill et Pearson, trois mastodontes de l’édition de manuels scolaires dans le monde, ont lancé une procédure avec Amazon. Ils réclament les identités de vendeurs profitant du marketplace, accusés de vendre des ouvrages contrefaits, à des tarifs trop attractifs pour être honnêtes.

 

Biology

unblessed_scalar, CC BY 2.0

 

 

Le système éducatif américain est fait de manière telle que non seulement les frais de scolarité sont élevés, mais pour ne rien gâcher, les ouvrages eux-mêmes sont loin d’être donnés. Dans ce contexte, Pearson Education, Cengage Learning et McGraw Hill Education entament une procédure contre une centaine de revendeurs, pour violation du copyright.

 

La plainte déposée en janvier devant la Cour fédérale de New York dénonce l’anonymat que confère internet et dont les vendeurs profitent pour alimenter leur commerce. Un porte-parole d’Amazon, Erik Farleigh, assure que la firme a une politique de « tolérance zéro pour la vente d’articles contrefaits ». Certes.

 

Mais si Amazon ne semble pas directement mis en cause dans cette affaire, il reste l’hébergeur de toutes les offres qui transitent par sa place de marché. Pour les éditeurs, ces ventes « provoquent d’importants dommages », d’autant plus graves que les ventes dépossèdent les auteurs, les éditeurs – et enrichissent des pirates.

 

« Nous prenons les mesures juridiques et poursuivons sans relâche les acteurs délictueux », assure Amazon, sans pour autant préciser quelle forme prend son action.

 

Ce que la plainte ne révèle pas, c’est que la situation est un peu délicate – au moins pour l’un des trois plaignants. Les résultats financiers de Pearson ont en effet chuté fortement – l’entreprise affiche une perte dans ses résultats pour la troisième année. Plus grave encore, les ventes des éditeurs spécialisés dans l’enseignement supérieurs ont perdu 20 % au cours du dernier trimestre 2016.

 

Pour l’heure, la juge Deborah Batts, du district sud de New York, a ordonné à Amazon de geler les fonds des comptes clients mis en cause et de cesser toute distribution de leurs produits. Une ordonnance est venue confirmer l’action de la justice – à temps : plusieurs clients ayant acheté les produits contrefaits ont laissé des commentaires désastreux.

 

La plupart d’entre eux assurent que les articles ne sont pas ceux qui étaient proposés à la vente – voire, n’étaient que de vulgaire photocopie d’ouvrages authentiques. Autrement dit, les prix étaient effectivement miraculeusement trop beaux pour être vrais.

 

Comme les titres sont présentés par le biais de leur ISBN, il était, pour certains, impossible de prévoir la contrefaçon.

 

La rançon du succès pour le cybermarchand qui se retrouve de plus en plus souvent empêtré dans des affaires semblables. 

 

via FT