Marie de Médicis, un certain goût du luxe pour ses manuscrits

Victor De Sepausy - 23.05.2019

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Marie Medicis - livre prières - canivet dentelle


De Florence où elle naquit le 26 avril 1575, à la Régence suite à l’assassinat d’Henri IV son époux, la vie de Marie de Médicis ne fut certainement pas de tout repos. Décédée à Cologne le 3 juillet 1642, soit vingt-cinq années après que Louis XIII prit le trône de France, Sa Majesté était réputée pour être très catholique. Et son livre de prières peut attester d’un certain goût pour le luxe en la matière.


 

Réalisé dans les dernières années de sa vie — vraisemblablement autour de 1640 — le livre de prières intègre en effet des miniatures d’ouvrages du XVe siècle. Exceptionnellement conçu, ses pages finement coupées donnent aux marges du parchemin un côté dentelé. Cette technique de découpage appelée canivet était particulièrement en vogue au XVIIe siècle. 

Elle tire d’ailleurs sont nom du canif — un canivet — par lequel était opérée la découpe spécifique. Et elle était strictement employée pour des thèmes religieux. En somme, au centre de la page se retrouvent une image pieuse, une illustration, et tout autour, cette imitation de dentelle. 

Cette forme d’art était en vogue depuis le début du XVIe siècle, utilisée en France, Allemagne, mais également aux Pays-Bas. Et Marie de Médicis était très friande de cette technique : on compte plusieurs manuscrits qui passèrent dans ses mains, pour lesquels le recours à cette dentelle était de rigueur.



 
Ainsi, le manuscrit Walters, réalisé alors qu’elle était régente, contient 28 miniatures – dont un portrait d’elle-même en blason, associé à son monogramme. 

Le travail de canivet était par ailleurs réservé aux femmes, au sein de cloître ou d’ordres religieux — dans les béguinages en somme. On offrait alors les canivets entourant les images pieuses à des donateurs. L’absence de signature sur ces œuvres aura participé à introduire une certaine mystique autour de cette production. 


 

Dans le livre de prières se retrouvent neuf miniatures, tirées d’un livre d’heures flamand du XVe siècle, ainsi qu’un portrait de la reine, réalisé à la gouache, mais qui aurait pu être ajouté plus tardivement.

Selon les informations, sa reliure a été opérée à Paris, par Antoine Ruette, reçu maître le 9 juillet 1637, et qui devint relieur ordinaire du roi en 1644 — avec une production importante, mais dont la qualité d’exécution n’est pas toujours de grande qualité. Le texte est par ailleurs presque entièrement en français.  

On peut l'admirer à cette adresse.


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